La présence confirmée des fintechs à l’opportunité de la crise Covid

Les entreprises de fintechs, qui ont émergé de la crise financière de 2008, répondant à un besoin évident de l’industrie de la banque de devoir uniformiser et sécuriser les processus de traitement de données et d’automatiser les opérations de service à la clientèle, ont depuis ces dernières années structuré leurs moyens, notamment en initiant une consolidation des intervenants du domaine, mais également en rendant possible des levées de fonds conséquentes dépassant la centaine de milliards...
Frédéric Valognes Frédéric Valognes21 mai 20204 min

Les entreprises de fintechs, qui ont émergé de la crise financière de 2008, répondant à un besoin évident de l’industrie de la banque de devoir uniformiser et sécuriser les processus de traitement de données et d’automatiser les opérations de service à la clientèle, ont depuis ces dernières années structuré leurs moyens, notamment en initiant une consolidation des intervenants du domaine, mais également en rendant possible des levées de fonds conséquentes dépassant la centaine de milliards d’euros par an, en constante augmentation.

A cet essor, désormais mondial, et dans l’objet de vouloir réduire le risque inhérent aux activités des acteurs du système financier, les néobanques poursuivront dans la nouvelle décennie la diversification de leurs offres à l’international, donnant l’opportunité à des spécialistes des nouvelles technologies blockchain de développer leur savoir-faire, particulièrement dans l’émergence de l’assurtech, dans la tendance observée de parfaire la maîtrise du Know Your Customer (KYC), de la lutte anti-blanchiment, ou bien de la gestion de l’identité numérique.

De cette dynamique, de nouveaux métiers dans le domaine bancaire ont été rendus possibles, faisant évoluer ceux habituellement connus dans l’industrie traditionnelle : les néobanques vont accroitre leurs moyens, et on doit se résoudre à prévoir une influence grandissante de ces nouveaux acteurs constamment présents dans notre vie quotidienne, par la poursuite inexorable de la digitalisation.

Il s’agit cependant d’exprimer ses plus vives réserves sur l’effet bénéfique de créations d’emplois dans le secteur bancaire dans les années à venir : à craindre que la destruction des activités de l’ancienne industrie ne sera que partiellement remplacée par l’avènement de ces nouvelles technologies. L’amère constat en a été fait ces dernières années auprès des intervenants européens de la bancassurance, ajouté à l’externalisation des activités considérées trop coûteuses vers les pays émergents.

Au regard de la répartition géographique, le maillage de ces industries est articulé sur l’ensemble du territoire français, cependant plus majoritairement dans des bassins d’emplois qui attirent ces entreprises par des avantages incitant les projets innovants, ou développant des pépinières.

Certaines régions de France, ou Chambres de commerce, au cas-par-cas proposent des programmes attrayants pour les nouveaux intervenants du secteur. La CCI de Caen-Normandie organisait un forum en mars 2019 ; un évènement similaire s’est déroulé à Bordeaux en octobre 2019 en partenariat avec un cabinet privé et une école de commerce. D’autres événements ont eu également lieu sur Paris (en janvier 2020), Nantes ou Lyon…

Pour ce qui est de la collaboration des fintech françaises avec celles des autres pays d’Europe : bien souvent des entreprises nationales évoluent avec d’autres au-delà des frontières. On se tenterait d’opposer Paris et Berlin pour s’attribuer la primauté du dynamisme dans le secteur… Souvent sont évoqués Londres, Dublin, Amsterdam, ou Lisbonne…

Bon nombre de fintechs ont un rayonnement international, bien qu’elles aient émergé d’un pays identifié : des néobanques proposent des services de paiements transfrontaliers à des clients de tous horizons, certes pourvoyeuses de comptes courants à ces derniers, mais résolues à développer des services innovants afin de rivaliser avec les intervenants historiques. Les plateformes fintech sont résolument « d’ici-et-d’ailleurs » .

Cette mise en avant des fintechs est définitivement un changement de paradigme, et donc résolument une autre manière de travailler et d’évoluer dans l’industrie bancaire et des services financiers. Une tendance, non. Une révolution et un changement durable oui. Les années 2000 ont vu l’amorce de cette évolution ; la décennie 2010 en voit son application et son acceptation de tous, bon gré mal gré.

Il en reste que face à la profusion erratique de nouvelles PME s’essayant dans le domaine, un jour viendra où une régulation naturelle du secteur permettra d’en identifier la réelle implantation de celles qui subsisteront dans les années à venir.

L’évidente issue est que la triste situation que nous vivons depuis ce printemps 2020, prévue pour s’inscrire dans la durée, confirmera l’illustration du modèle dans le paysage bancaire : les organismes financiers, avec la drastique contraction de l’activité économique, ne devraient avoir d’autre choix que d’acter la disparition des agences physiques, pour les remplacer par des services en-ligne. Les français y sont désormais habitués : organiser ses activités personnelles, ses achats, exercer des tâches à caractère professionnel ou se former à distance…, font partie de la vie courante. Les fintechs ont la voie toute tracée à présent !

Frédéric VALOGNES

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