Les trésors du Titanic

Le 15 avril 1912, le paquebot Titanic coula après avoir heurté un iceberg. Plus d’un siècle après, ce paquebot fait toujours parler de lui et d’autant plus en ce mois d’octobre 2018. En effet, 33 ans après la localisation de l’épave, en 1985, et l’extraction progressive des vestiges, une vente aux enchères a retenu l’attention. Trois hedge funds ont acquis une partie des trésors récupérés dans le Titanic en laissant derrière eux plusieurs musées britanniques....
Julien Houssemand20 octobre 20184 min

Le 15 avril 1912, le paquebot Titanic coula après avoir heurté un iceberg. Plus d’un siècle après, ce paquebot fait toujours parler de lui et d’autant plus en ce mois d’octobre 2018.

En effet, 33 ans après la localisation de l’épave, en 1985, et l’extraction progressive des vestiges, une vente aux enchères a retenu l’attention. Trois hedge funds ont acquis une partie des trésors récupérés dans le Titanic en laissant derrière eux plusieurs musées britanniques.

Pour rappel, un hedge fund est un fonds spéculatif. Sa stratégie alternative repose sur des positions risquées, et de ce fait, sur des espérances de gains élevées. Un tel fonds utilise principalement des produits dérivés (notamment les options) et placements à effets de levier pour investir.

 

5 500 …

 

C’est le nombre d’objets mis aux enchères. Nous retrouvons en grande partie des statues, bijoux, vaisselle et objets personnelles de l’équipage et des passagers. A l’origine ces vestiges étaient détenus par la société américaine Premier Exhibitions. Cette dernière avait organisée, en 2012, une première vente aux enchères de cette collection alors estimée à 189 millions de dollars. Toutefois, au vue de la somme, jugée trop importante pour un seul acquéreur, la vente ne fut jamais actée. Depuis, Premier Exhibitions déposa le bilan en 2016. Une nouvelle vente aux enchères fut donc organisée en octobre 2018.

Ces vestiges sont finalement obtenus par Apollo Global Management, PacBridge et Alta Fundamental Advisers pour la somme de 19,5 millions de dollars. Cela ne s’est pas joué à grand-chose puisqu’un groupement de musées britanniques – soutenus par le réalisateur du film Titanic et la National Geographic Society – étaient montés jusqu’à 19,2 millions de dollars.

 

Qui sont ces fonds ?

 

  • Apollo Global Management est un fonds spéculatif américain crée en 1990 et coté en bourse sur le NYSE (New York Stock Exchange) et le NASQAQ (National Association of Securities Dealers Automated Quotations). C’est un des mastodontes du secteur alternatif avec près de 269 milliards de dollars d’actifs sous gestion.
  • PacBridge est un fonds basé à Hong-Kong et Vancouver et fondé en 2009. Il est spécialisé dans l’investissement auprès des entreprises en phase de croissance sur les secteurs des biotech, e-technology, technologies environnementales etc…
  • Alta Fundamental Advisers est une société financière New-Yorkaise créée en septembre 2014. Au premier trimestre 2018 elle gérait 336 millions de dollars.

Un investissement réfléchi

 

A présent, demandons nous pourquoi ces objets (bijoux, statues…) intéressent-ils ces trois Hedge Funds ?

Tout d’abord, le dirigeant du fond spéculatif Apollo, Leon Black, est un fervent collectionneur d’art et de tableaux. Ayant déjà acheté en 2012, le tableau « le cri » du peintre Edward Munch pour 119,9 millions de dollars c’est un familier du secteur.

De plus, il est administrateur de musées tel que le Museum of modern art et le Metropolitan Museum of art. Il semblerait donc qu’il ait la connaissance et l’expertise nécessaire pour investir stratégiquement dans ce domaine.

Vous l’aurez compris, l’intention est, au-delà de posséder, d’exposer ces vestiges du Titanic au public.

 

Quels enjeux ?

 

Cela représente en premier lieu un investissement financier dans un domaine précis, l’art. De ce fait, il pourra générer une plus-value future lors d’une revente à d’autres enchères ou à des collectionneurs privés. D’ici là, il engendre un profit récurrent, versé par les musées aux fonds pour leur permettre d’exposer ces objets.

De plus, l’art un secteur qui ne cesse de croître, dont les objets prennent de la valeur avec le temps et que rien ne semble pouvoir faire baisser. Par exemple, l’un des premiers ordinateurs créés par la marque à la pomme, un Apple 1, a été vendu plus de 905 000 dollars en 2014. Il y a encore plus étonnant, un tableau de Banksy, estimé 1,2 millions d’euros aux enchères et vendu finalement 1,4 millions d’euros après sa destruction partielle.

Cependant, l’art apparaît comme un marché à double tranchant. Un potentiel et un rendement important pour les investisseurs connaisseurs, et parfois chanceux, mais impitoyable avec les impatients et non avertis.

Julien HOUSSEMAND

Sources : LesEchos, Ouest France

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