SWIFT teste un nouveau système via la blockchain

Clément Martinez10 février 201914 min

SWIFT a lancé un nouveau projet pilote visant à limiter les retards dans le traitement des transactions transfrontalières en tirant profit de la technologie Blockchain.

Tout d’abord il est utile de préciser ce qu’est le réseau SWIFT : Créé il y a plus de 45 ans, le réseau SWIFT (Society for Worldwide Interbank Financial Télécommunication), qui est en quelque sorte une messagerie interbancaire, reste malgré tout, peu connu du grand public. Ce réseau international occupe un rôle primordial dans les transferts d’argent internationaux, pour lesquels 10000 banques dans le monde l’utilisent, selon des protocoles standardisés (les fameux codes SWIFT ou BIC qui apparaissent sur les RIB).

 

Seule problématique : les délais, parfois longs (quelques jours ouvrés), sont clairement inadaptés à l’heure digitale qui nous habitue, chaque jour un peu plus, à l’instantanéité.

 

Pour réponse, la société SWIFT a donc récemment lancé un projet pilote qui pourrait venir remplacer le système qu’elle utilise actuellement pour fournir ses différents services : transferts de compte à compte, opérations sur devises ou sur titres, recouvrements …

Cependant, même si les cryptomonnaies ne se portent pas au mieux sur les marchés, l’environnement Blockchain est particulièrement actif et se présente comme une solution concrète d’avenir.
Le réseau SWIFT va se raccorder à la Blockchain Corda de la startup américaine R3 (dont de nombreuses banques sont actionnaires, notamment Natixis, BNP Paribas et Société Générale) pour une expérimentation. L’objectif est ainsi, de réaliser des paiements sûrs et rapides pour les plateformes utilisant cette technologie, sans recours aux crypto-monnaies. Une réponse à la concurrence de la startup RIPPLE et notamment à sa solution de paiement pour les entreprises utilisant aussi la Blockchain. C’est également une réponse à l’Interbank Information Network (IIN), le projet sur lequel planche le géant bancaire JPMorgan Chase et dont l’objectif consiste à améliorer l’efficacité des règlements internationaux.
Il est aussi important de noter que, un temps associés, R3 et RIPPLE se sont livrés une rude bataille judiciaire avant de trouver un accord à l’amiable en septembre dernier.

La société SWIFT souhaite ainsi limiter la proportion des transactions dont l’exécution est retardée particulièrement à cause de l’asymétrie des informations nécessaires (mal ou non fournies). Avec ce nouveau projet Blockchain, elle ambitionne de traiter chaque jour 14,5 millions de règlements transfrontaliers.

Auparavant, SWIFT avait déjà lancé un service nouvelle génération, SWIFT GPI. Cela a été fait progressivement depuis deux ans et a déjà permis d’améliorer significativement la rapidité, en passant à des transferts frontaliers en quelques minutes.
Néanmoins la société vise, grâce à ce « proof of concept » (POC, démonstration de faisabilité), à raccorder SWIFT GPI à la Blockchain de R3. Cela permettra ainsi à toutes les nouvelles plateformes de transactions s’appuyant sur cette Blockchain de bénéficier de règlements rapides et transparents, en monnaies fiat (ie non cryptomonnaies).

La société concurrente RIPPLE affirme que plus de 100 institutions financières ont rejoint son réseau RIPPLENET, utilisant la technologie Blockchain l’an dernier, en recourant ou non à sa crypto-monnaie XRP. En France, Crédit Agricole a testé son protocole de paiement pendant neuf mois pour réaliser les virements transfrontaliers de clients travaillant en Suisse, en temps réel (contre trois jours traditionnellement), avec une plus grande transparence du taux de change. Réussi, le test n’ira néanmoins, dans un premier temps, pas plus loin dans un contexte de généralisation du paiement instantané en Europe.

Pour autant, SWIFT n’est pas prêt de basculer d’un coup sur la Blockchain. Cette dernière apparaît encore comme une solution d’avenir. Elle sera utilisée pour gagner en rapidité dans les transactions, pour gagner en transparence et connecter ainsi non seulement les banques mais aussi d’autres acteurs comme les porte-monnaie mobile.

Clément MARTINEZ

Sources : La Tribune, Crypto-france

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