Super-cycle en vue pour les matières premières ? 

Tous les ingrédients sont réunis pour assister à ce phénomène concernant les cours des matières premières. « Vous avez tous les signes révélateurs d’un super-cycle », déclare ainsi Jeff Currie, responsable de la recherche sur les matières premières chez Goldman Sachs. Le spécialiste évoque le début d’une boucle de rétroaction positive entre les matières premières, le dollar et la croissance des marchés émergents. Au centre se trouve une demande forte, synchronisée, axée sur la redistribution des richesses...
Clément Martinez20 décembre 20204 min

Tous les ingrédients sont réunis pour assister à ce phénomène concernant les cours des matières premières. « Vous avez tous les signes révélateurs d’un super-cycle », déclare ainsi Jeff Currie, responsable de la recherche sur les matières premières chez Goldman Sachs.

Le spécialiste évoque le début d’une boucle de rétroaction positive entre les matières premières, le dollar et la croissance des marchés émergents. Au centre se trouve une demande forte, synchronisée, axée sur la redistribution des richesses et les énergies renouvelables qui, avec dans le même temps des investissements hors énergies renouvelables encore très faibles, devrait maintenir des marchés tendus dans un avenir prévisible.

Le succès relatif de la Chine à contenir la pandémie de coronavirus et l’optimisme quant à la croissance économique mondiale l’année prochaine avec la mise en place des vaccins alimentent les gains sur toutes les matières premières, du minerai de fer au pétrole, en passant par les matières premières alimentaires. La tendance s’est confirmée lundi, après l’autorisation du vaccin anti-Covid de Pfizer BioNTech aux États-Unis.

 

Métaux, pétrole et denrées alimentaires

 

fandas.fr/GRAPHIQUE

En effet, l’indice S&P, qui évalue tout un panier de matières premières, a bondi de 14% depuis le début du mois de novembre. Cela coïncide avec la mise au point des vaccins anti-Covid. La courbe a d’ailleurs continué de progresser depuis qu’aux États-Unis, la Food and Drug Administration a autorisé de façon accélérée . L’autorisation du vaccin Moderna étant imminente, les investisseurs parient sur une reprise économique et un regain de consommation des produits de base. Dans l’énergie, l’indice a progressé de 24% en un mois et demi. Le baril de Brent a rejoint le niveau des 50 dollars, mais ce sont surtout le fioul marin et le diesel qui voient leurs prix grimper, ils profitent d’une circulation accrue des conteneurs et des camions, les avions étant encore largement au sol.

Les métaux connaissent aussi une belle envolée : 14% depuis début novembre. Le nickel, à la fois ingrédient de l’acier inoxydable et des batteries électriques, est au plus haut depuis plus d’un an.

Le rebond le plus marquant étant clairement celui du cuivre qui a franchi la barre des 8.000$ la tonne pour la première fois en plus de sept ans, matérialisant une hausse de plus de 80% depuis son point bas du mois de mars.

Le cuivre bénéficie également de facteurs plus spécifiques qui le rendent attrayant pour les investisseurs à long terme. Si beaucoup s’attendent à ce que les prix du pétrole rebondissent à court terme lorsque le monde commencera à revenir à la normale, ses perspectives à long terme sont plus incertaines à mesure que la transition énergétique s’accélère. Le cuivre, en revanche, devrait bénéficier de cette évolution en raison notamment de son utilisation dans les câblages électriques. À court terme, le cuivre est stimulé par une offre limitée et une forte demande. Signe de tension sur le marché du métal rouge, les stocks ont chuté à leur niveau le plus bas depuis six ans. Tout comme le minerai de fer, l’accélération de la demande chinoise coïncidant avec le retour des cyclones chez le fournisseur australien. Même le charbon thermique, de plus en plus décrié, a gagné 25% en près de deux mois.

Du côté des produits agricoles, la hausse est de +5%. Les céréales et le soja ont le vent en poupe et le coton retrouve des couleurs, grâce à une demande accrue des filatures du Pakistan et du Bangladesh auprès des pays ouest-africains. La livre de fibre a gagné 7% à plus de 74 cents de dollar. Attention cependant à ne pas oublier les difficultés, analyse-t-on chez Mambo. Le négociant observe les faillites chez les détaillants du textile : « Le vaccin n’est pas la solution miracle, sa distribution posera de gros problèmes. La reprise économique après le virus pourrait prendre de nombreuses années et nous devons garder à l’esprit les risques, qui pourraient entraîner une correction importante à la baisse » des prix des matières premières.

Clément MARTINEZ

Sources : LesEchos, Boursier.com, RFI

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