Au fil du temps nous avons pu constater une forte progression du nombre d’espèces menacées principalement dû aux différentes activités humaines. D’après le rapport Planète Vivante de 2018 plus de 60% des animaux ont disparu en l’espace de 40 ans. Nous ferions ainsi face à une sixième extinction massive de la biodiversité. Assistant à ce phénomène, des entreprises ont décidé d’agir. C’est le cas de l’entreprise londonienne, Conservation Capital, qui prévoit de mettre en place un « rhino-bond ». Il s’agit d’émettre une obligation sur une espèce afin de pouvoir contribuer à sa protection. Dans ce cas précis il s’agit de contribuer à la protection des rhinocéros noirs d’Afrique.

Les obligations « traditionnelles »…

Il est important de savoir que les obligations sont des dettes à court, moyen ou long terme. Celles-ci ne sont pas uniquement réservées aux entreprises, puisque les États et les collectivités locales peuvent également en émettre. L’obligation représente donc un titre de créance.

Les obligations sont considérées comme étant faiblement risquées en comparaison des actions. En effet, dans le cas où vous êtes en possession d’une obligation d’entreprise vous êtes prioritaire lors du paiement par rapport aux actionnaires. Les actionnaires sont payés en dernier. À noter que si l’entreprise en question fait faillite vous serez dans les premières personnes à recevoir l’argent qui vous est dû, étant donné que vous êtes considéré comme un créancier. Le revenu est donc quasiment garanti et vous permet d’avoir des gains de façon fixe et régulière sur plusieurs années.

Comment appliquer ce principe pour la protection des animaux ?

Les personnes détenant ces obligations pourront percevoir des intérêts uniquement dans le cas où la population de rhinocéros augmente. Cette augmentation doit se réaliser sur la durée de l’émission des obligations, soit 5 ans.

Afin de réduire le risque pour les investisseurs, des études ont été menées afin de choisir les 5 zones géographiques les plus optimales à une augmentation de la population. Ces zones se situeraient au Kenya. Dans le cas où la population baisserait les investisseurs pourraient également perdre de l’argent. Ce facteur pourrait motiver les investisseurs à davantage s’investir dans la protection de ces espèces. Le but étant d’accroître de manière exponentielle la population cible. En 1970, nous pouvions compter 65 000 rhinocéros contre 5 500 en 2019. Nous pouvons donc constater qu’en moins de 50 ans près de 60 500 rhinocéros ont disparu. L objectif est de cette opération est de faire croitre la population de 10%.

Plusieurs difficultés se présentent, la principale étant le braconnage. Les cornes de rhinocéro sont en effet très convoitées par les chinois. Il sera donc important d’investir dans des moyens anti-braconnage.

Les effets de ce projet risquent d’être limités puisqu’il ne concerne que 5 régions au Kenya. Les braconniers pourront aller dans d’autres régions. L’effet pourra être que la population augmente principalement là où des investissements ont été réalisés. Cependant, parallèlement à ça, la population des rhinocéros pourra diminuer dans les autres régions. Bien que le montant de l’émission de l’obligation sera de 50 millions de dollars, cela n’empechera pas les braconniers de continuer leurs activités. Afin d’avoir des résultats plus concluant il faudrait s’en doute réaliser ce type d’obligation dans toutes les zones où cette espèce se situe. Bien entendu les zones géographiques où le risque d’échec est le plus élevé, le gain en cas de réussite devra l’être également.

La finance davantage impliqué dans l’écosystème…

Ce type d’obligation montre qu’il est tout à fait possible de mêler la finance et la protection de l’environnement. La finance n’est en aucun cas une finalité, mais bel et bien un moyen d’agir. Il serait intéressant de développer ce concept dans tout ce qui nous entoure. On pourrait ainsi voir des projets d’investissements dans différents secteurs. Par exemple des projets en lien avec la mer où l’objectif serait de réduire le nombre de déchets ou bien de réduire le nombre d’abandons d’animaux domestiques etc. Nous pouvons d’ores et déjà constater que ce type d’obligation existe notamment pour les entreprises désirant passer à l’énergie renouvelable. Dans ce cas nous parlons d’obligation verte. Il se pourrait bien que nous assistions actuellement à un renouvellement de la finance. Ainsi il pourrait s’agir du début d’une nouvelle tendance.

Lucas GOISLARD,Tous droits réservés


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