PSA – FCA : une fusion stratégique

Après l’échec des négociations entre Renault et Fiat Chrysler Automobiles (FCA), les pourparlers entre PSA et FCA ont repris. Il s’avère que c’est bien le concurrent direct de Renault qui aura le fin mot de l’opération puisqu’un projet de fusion 50/50 semble aujourd’hui inévitable entre les deux groupes. Il est nécessaire de comprendre le contexte actuel des deux groupes pour mieux comprendre l’importance stratégique d’une telle fusion.   La situation actuelle du groupe PSA  ...
Lucas Goislard Lucas Goislard17 novembre 20195 min

Après l’échec des négociations entre Renault et Fiat Chrysler Automobiles (FCA), les pourparlers entre PSA et FCA ont repris. Il s’avère que c’est bien le concurrent direct de Renault qui aura le fin mot de l’opération puisqu’un projet de fusion 50/50 semble aujourd’hui inévitable entre les deux groupes. Il est nécessaire de comprendre le contexte actuel des deux groupes pour mieux comprendre l’importance stratégique d’une telle fusion.

 

La situation actuelle du groupe PSA

 

PSA regroupe plusieurs marques fortes telles que Peugeot, Citroën, DS, Opel et Vauxhall. Au cours de l’année 2018, le groupe a réalisé un chiffre d’affaires de 74 milliards d’euros pour un résultat net de 3,3 milliards d’euros. Voici la liste des zones géographiques répartie en fonction du % de chiffre d’affaires (CA) réalisé :

Europe (78,3%), Asie-Pacifique (7 %), Amérique du Nord (5,7%), Amérique latine (5,2%), Moyen-Orient et Afrique (3,8%).

Les axes stratégiques du groupe sur la période 2019-2021 sont les suivants :

  • Le groupe compte augmenter ses ventes de 50% hors Europe d’ici à 2021.
  • Sur le même horizon, le groupe automobile compte rajeunir sa gamme de véhicule à 3-5 ans, avec 116 lancements prévus d’ici à 2021.
  • PSA s’est par ailleurs fixé un objectif de 50% d’électrification de sa gamme en 2021 et de 100% en 2025.

 

Le contexte du groupe FCA 

 

FCA regroupe au total 18 constructeurs avec un chiffre d’affaires, en 2018, de 110,4 milliards d’euros et un résultat net de 3,63 milliards d’euros.  De la même manière que pour le groupe PSA, voici la liste des zones géographiques répartie en fonction du % de chiffre d’affaires (CA) réalisé.

Amérique du Nord (66,5%), Europe (16,5%), Amérique latine (7%), Asie-Pacifique (2,5%) et autres (7,1%).

Bien que le groupe se soit diversifié dans plusieurs régions, ils ont pris un retard important en ce qui concerne les voitures électriques. Il s’agit d’un retard que le groupe doit compenser rapidement afin de pouvoir faire face aux prochaines réglementations européennes et rester dans la course de la voiture de l’avenir.

 

Une fusion « gagnant-gagnant »

 

D’après les analyses effectuées par Reuters, les gains financiers suites à la fusion devraient être important. En effet, les synergies attendues s’élèvent à 3,7 milliards d’euros par an, et ce sans fermetures d’usines. Ce dernier point est important pour les états français et italien qui souhaite tous deux protéger les emplois et leurs industries. À noter qu’aucune marque faisant partie de PSA ou de FCA ne disparaîtra.

Le chiffre d’affaires du groupe ainsi formé devrait être de 170 milliards d’euros pour un résultat opérationnel supérieur à 11 milliards d’euros.

La fusion permettra à PSA d’appliquer plus aisément sa stratégie. Comme nous avons pu le voir précédemment, FCA est fortement implanté en Amérique du Nord. Cela va permettre au groupe PSA de se développer plus facilement dans cette zone géographique.

Les deux groupes pourront également consolider leurs positions en Europe. Ils pourront ainsi mieux lutter contre leurs concurrents tels que Renault ou encore Volkswagen. Concernant les autres zones géographiques, les deux groupes vont pouvoir unir leurs forces pour s’implanter de façon pérenne ce qui engendrera une augmentation de leurs chiffres d’affaires.

De plus, grâce à cette fusion, les deux groupes vont pouvoir se partager les différentes technologies. FCA pourra donc rattraper plus facilement son retard notamment en ce qui concerne les voitures électriques.

Enfin, la fusion des deux groupes va leur permettre d’être le 4 ème leader mondial du secteur automobile.

 

Des problématiques persistent

 

Premièrement, nous pouvons nous demander s’il n’y aura réellement aucune fermeture d’usine. Il se peut qu’en France et en Italie les usines soient épargnées, mais pour autant il serait peu probable que cela soit vrai pour les autres pays. Ainsi, nous pourrons certainement assister à la fermeture d’usines dans d’autres pays afin de favoriser les synergies.

La somme récupérée pourra permettre à FCA de développer des gammes de voitures 100% électriques. L’enjeu est vital pour les deux groupes puisque dans le cas du non-respect de la future réglementation européenne sur la taxe carbone, l’amende pour PSA et FCA réunit pourra s’élever à 8,28 milliards d’euros d’après PA consulting.

Nous pouvons également nous demander, quelle sera la stratégie commune dans les années à venir pour faire face à la concurrence, qui semble se lancer, d’ores et déjà, dans les voitures à hydrogène ?

Lucas GOISLARD

Sources : Boursorama

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