fandas.fr/AMFCet article présente les priorités 2019 de suivi et de contrôle de l’Autorité des Marchés Financiers pour les professionnels autorisés à fournir des services d’investissement et de gestion collective. La publication de ces priorités thématiques permet de mettre en avant certaines zones de risques identifiées par l’AMF et ainsi, d’inciter les acteurs régulés à examiner plus particulièrement certaines de leurs pratiques.

Il s’agit aussi pour le régulateur d’attirer l’attention sur des points de vigilance spécifiques tout en permettant d’identifier les problématiques opérationnelles liées à la mise en œuvre pratique des nouvelles réglementations.

Voici ses principales priorités énoncées :

  •  En matière de régulation, le Brexit sera bien évidemment un sujet majeur pour le gendarme français. L’AMF sera vigilant sur le cadre de coopération à moyen terme avec le Royaume-Uni, qui reste, pour l’essentiel à définir. Deux scénarios :
  1. Une grande ouverture aurait à l’évidence pour effet d’accroître la dépendance de l’Union Européenne des centres de décision londoniens.
  2. Une politique trop restrictive aurait pour effet de renchérir le coût de l’intermédiation financière (ie lorsque les intermédiaires financiers achètent les titres émis par les entreprises et, pour se financer, émettent eux-mêmes des titres placés auprès des épargnants ou collectent des fonds sous différentes formes) au détriment des investisseurs et des entreprises de l’Union.
  •  S’engager pour une Europe à 27 forte, plus intégrée et plus compétitive premier axe du plan stratégique mis en place par l’AMF (rendez-vous des élections européennes au printemps 2019 constituent un tournant pour l’Union européenne). Un seul moyen : le renforcement de la cohérence des marchés de capitaux de l’Union à 27.
  • L’encadrement des crypto-actifs avec le visa AMF, est en route avec la loi Pacte qui pourrait être promulguée au printemps. Le régulateur aura alors à mettre en place ce visa optionnel pour les ICO (Initial Coin Offerings), ces nouveaux modes de levées de fonds qui se font via la blockchain.
  •  La finance durable. L’AMF entend bien monter en puissance dans ce domaine. La loi Pacte lui a donné pour mission de surveiller l’ information fournie par les sociétés de gestion sur leur stratégie climat.
  •  Des nouvelles actions de supervision, notamment dans les sociétés de gestion. L’AMF examinera de très près les dispositifs déployés pour la cybersécurité. Elle vérifiera aussi que les hedge funds donnent bien des éléments relatifs tant à la composition de leur actif qu’au niveau de leurs risques (selon les normes AIFM).
  •  Ventes à découvert et décompte des votes. En effet, l’AMF vérifiera que les actions et certains produits dérivés sont bien négociés sur les plates-formes organisées (selon la directive MIFID 2 sur le reporting, et le transparence). D’autre part, en 2018, plus de 20 sociétés au sein du SBF 120 ont publié des résultats de vote erronés, en raison de problèmes informatiques chez l’établissement dépositaire des titres (dont le cas le plus emblématique a été celui de Vinci).
  • Mise en garde contre les nouveaux types d’arnaques aux particuliers. Dès ce début d’année 2019, de nouvelles offres frauduleuses apparaissent dans le vin, l’or ou, plus étonnant, dans des cheptels de vaches laitières.
  • Le risque principal est un risque macroéconomique, bien différent de 2008. En effet, la solidité du système financier global n’est plus la même et la création d’indices de prévention permettront de limiter d’éventuels dégâts.

Après une année 2018 décevante, où les menaces de ralentissement économiques ont détourné les investisseurs des placements risqués ou à valorisation cycliques et les ont ramenés vers les valeurs refuges. Cette « désaffection » s’est notamment répercutée sur l’indice CAC 40 qui a baissé de 8,9% sur l’année.

Pour la même raison, les entrées en Bourse ont été plus nombreuses en 2018 qu’en 2017 (35 contre 27) mais, cependant, ces IPO ont concerné des entreprises de plus petite taille avec des capitaux collectés moins élevés, 1,1 milliard contre 2 milliards d’euros.

 

Clément MARTINEZ. Tous droits réservés.


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