Plan de Sauvetage ou Fiasco Européen ?

Cette semaine fut l’une des plus importantes depuis le début de la crise sanitaire. La raison étant qu’il a été décidé d’un plan de sauvetage européen estimé à 540 milliards d’euros. Le but est de soutenir les Etats dans cette crise sanitaire.   Répartition de ces 540 milliards en 3 grands axes :   240 milliards d’euros vont être alloués au fonds de secours de la zone euro, plus connu sous le nom du Mécanisme Européen...
Lucas Goislard Lucas Goislard12 avril 20207 min

Cette semaine fut l’une des plus importantes depuis le début de la crise sanitaire. La raison étant qu’il a été décidé d’un plan de sauvetage européen estimé à 540 milliards d’euros. Le but est de soutenir les Etats dans cette crise sanitaire.

 

Répartition de ces 540 milliards en 3 grands axes :

 

  • 240 milliards d’euros vont être alloués au fonds de secours de la zone euro, plus connu sous le nom du Mécanisme Européen de Stabilité (MES). Ce fond a été créé en 2012 pour soutenir les Etats lors de crises. À noter que seuls les pays de la zone euro ayant ratifié le pacte budgétaire de 2012 peuvent en disposer.

Les pays ayant recours à ce type de solution sont souvent dans un état financier dégradé. Plus un état est dans une situation financière difficile, moins bonne est sa note (délivrée par les agences de notation comme S&P) et plus les intérêts lors d’emprunts lui sont importants. Cela est due principalement aux risques d’insolvabilité de l’état en question.

C’est ce pourquoi le « MES » a été créé, permettre aux Etats de continuer à emprunter à un taux préférentiel par rapport à celui du marché compte tenu du risque lié à leur situation financière délicate. À noter que le prêt accordé ne peut dépasser les 2% du PIB du pays qui en fait la demande.

La Grèce ainsi que Chypre ont déjà eu recours à ce type d’emprunt, lorsqu’ils étaient en situation de crise économique.

Dans le cas actuel, les pays souhaitant avoir recours au « MES » pourront le faire sans aucune contrainte si les dépenses sont liées à la santé. Dans le cas où les dépenses ne sont pas liées à ce critère des actions de contrôles seront appliquées (contrôle budgétaire afin de s’assurer que l’argent emprunté pourra bel et bien être remboursé). Il a été possible de le constater lors de la crise avec la Grèce (8 ans sous « contrôle » européen).

De plus, il est important de savoir que dans le cas où un pays reviendrait à disposer de ce « MES » sans être suivi par d’autres pays européens les conséquences pourraient être désastreuses. En effet, le marché pourrait percevoir le pays en question comme un pays défaillant, au bord de la faillite. Les investisseurs dans ce pays pourraient alors décider de sécuriser leurs gains en retirant leur argent pour le placer dans un autre pays jugé plus sûr. Un effet de panique pourrait alors aggraver la situation du pays en question, l’effet serait donc inverse à celui escompté.

 

  • 200 milliards d’euros seront garanti pour les entreprises à travers la Banque Européenne d’Investissement (BEI). La « BEI » a été créée à la suite du traité de Rome de 1957, son objectif est d’accorder des financements à des projets d’investissements (Publics / Privés). Cette initiative peut être comparée avec celle du gouvernement français ayant mis en place le prêt garanti par l’Etat s’élevant quant à lui à 300 milliards d’euros, soit 100 milliards de plus que le dispositif de la « BEI ». Nous pouvons donc nous questionner sur le montant du prêt européen, devant non pas répondre à la demande d’un seul pays mais à celui de 27. Quel type d’entreprise sera concernée et est- ce que le montant accordé suffira ? Il est fortement possible que ce soit les agriculteurs qui en bénéficient en premier et dans un deuxième temps toutes les sociétés dans le développement durable et dans le domaine du climat, s’agissant du crédo de la « BEI ».

 

  • 100 milliards d’Euro seront garantis pour les Etats ayant recours au chômage partiel. L’objectif du chômage partiel est d’éviter un chômage de masse comme il est possible de le voir aux Etats-Unis. Cependant une question se pose, est ce que 100 milliards d’euros vont suffire pour l’ensemble des pays européens ? En prenant comme hypothèse, pour donner un ordre grandeur, que chaque résident européen soit 747 millions personnes auraient le droit aux chômages partiel cela reviendrait à dire que l’Europe donnerait 133€ par habitant. Une somme qui semble peu importante compte tenu de la situation actuelle.

Bien que ces 3 axes ravissent notre ministre de l’économie et des finances comme en témoigne son tweet, il est peu probable que ces axes soient suffisants. De plus, nous avons pu constater lors de ces accords que les pays du Nord ont été inflexibles sur le sujet des Corona bonds/Euro bonds.

 

 

Les Corona bonds/Euro bonds un sujet tabou pour les pays du nord ?

 

Les Corona bonds/Euro bonds auraient dû permettre aux Etats membres de l’Union Européenne de se faire racheter leurs dettes par la BCE contre des obligations (titres de dette que détiendrait la BCE dans l’économie des pays en question). Le but étant de réduire la dette des pays les plus touchés afin de les assainir financièrement et ainsi de les aider pour relancer leur économie.

Un coût sur le court terme notamment pour les pays du nord. La raison étant qu’en faisant cela les pays du nord auraient dû supporter une partie de la dette des pays en difficulté. Cela aurait eu pour conséquence d’augmenter leur niveau de risque et ainsi d’entrainer une baisse dans leurs notations aux niveaux financiers et donc d’obtenir des prêts avec des taux d’intérêts plus élevés. Les pays du nord, peu enclin à payer pour d’autres pays, ont été inflexibles à ce sujet.

Cependant, lorsque l’on constate sur le long terme les corona bonds auraient pu être positifs pour tout le monde. Certes le coût aurait été important mais réparti sur l’ensemble des pays cela auraient pu être structuré pour limiter les impacts négatifs sur chaque économie. Le plus important est qu’une fois la crise passée on aurait pu assister à une vision politique commune ce qui aurait pu être le premier engrenage d’une fédération européenne. Une fédération forte avec des membres forts.

Cependant cela ne verra certainement jamais le jours étant donné les divergences de points de vue encore très présentes. Les conséquences pourront être toutes autres et provoquer un sentiment anti-européen notamment auprès des pays du sud. Ainsi après la crise sanitaire il se pourrait que nous connaissions une crise politique à l’échelle européenne en plus d’une récession économique.

Lucas GOISLARD

Source : Touteleurope , Ouest-france , Ladepeche

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