Pour l’ouverture des supermarchés le dimanche ?

La première loi visant à protéger les employés et ouvriers travaillant dans un établissement industriel ou commercial vit le jour le 13 juillet 1906. Concernant les commerces la loi fut remaniée le 06 août 2015 par la loi Macron, pour la croissance, l’activité et l’égalité des chances économiques n° 2015-990. Cette loi a permis de réformer le travail dominical, en donnant la possibilité à de nouvelles zones géographiques d’exercer le dimanche matin. De plus, le...
Lucas Goislard6 octobre 20197 min

La première loi visant à protéger les employés et ouvriers travaillant dans un établissement industriel ou commercial vit le jour le 13 juillet 1906. Concernant les commerces la loi fut remaniée le 06 août 2015 par la loi Macron, pour la croissance, l’activité et l’égalité des chances économiques n° 2015-990. Cette loi a permis de réformer le travail dominical, en donnant la possibilité à de nouvelles zones géographiques d’exercer le dimanche matin. De plus, le nombre de dimanches ouvrables autorisé par les maires est passé de 5 à 12. L’objectif de cette réforme est clair, permettre aux commerces de vendre davantage de produits. Le but final est de contribuer à la relance de l’économie.

Il faut savoir que le travail dominical est basé sur le volontariat, le salarié ne peut être forcé à travailler le dimanche. Ceux qui désirent travailler ce jour-là le peuvent jusqu’à une certaine heure fixée aujourd’hui à 13h. La loi stipule qu’il est interdit d’avoir des salariés exécutant leurs fonctions le dimanche après-midi. Cependant, il est possible de constater que plusieurs commerces dans le secteur alimentaire ont trouvé des parades à cette contrainte.

 

Une loi de plus en plus contournée

 

La loi stipule bien que les salariés ont l’interdiction de travailler le dimanche après-midi. Cependant elle n’interdit pas le gérant d’ouvrir son commerce cet après-midi-là. Un avantage non négligeable pour les petits commerces de quartier puisque le gérant peut aisément, le temps d’une après-midi, occuper seul le poste de caissier. Cette pratique est plus compliquée à mettre en œuvre au sein d’un hypermarché. Les grandes surfaces désirant être ouvertes le dimanche après-midi afin d’augmenter leurs résultats, ont mis au point un système permettant de « contourner la loi ». Ils ont tout simplement décidé d’automatiser leurs commerces alimentaires. Casino a d’ores et déjà mis en pratique cette solution. En effet, le 25 août dernier Casino a lancé son premier hypermarché automatique à Angers. Il s’avère que le 15 septembre l’hypermarché a dénombré pas moins de 1 100 clients le dimanche matin et 1 000 le dimanche après-midi, soit plus de 2 100 consommateurs au total. Un gain non négligeable pour l’entreprise surtout dans sa situation actuelle (voir : Casino, un endettement qui coûte cher !). Cependant, une question peut se poser si l’hypermarché arrive à fonctionner sans l’aide d’hôtes de caisse le temps d’une après-midi. Ne serait-il pas possible pour les entreprises dans ce secteur de décider de supprimer une majorité de ces postes pour les remplacer par des caisses automatiques ?

Pour le moment, la réponse est non, il est impossible de remplacer la totalité des humains par des machines dans ce secteur d’activité. Les caisses automatiques peuvent en effet rencontrer des problèmes et ont encore besoin de l’assistance humaine.

De plus, nous pouvons constater que nous faisons tous de plus attention à tous ce qui nous entoure, environnement, RSE (Responsabilité Sociale des Entreprises), recyclage etc. Nous évitons par voie de conséquence l’industrialisation. Le fait de penser pouvoir faire ses courses dans des surfaces où seules des caisses automatiques sont présentes voire même sans aucune caisse est encore loin d’être une actualité (mise à part les prototypes de magasins sans caisse d’Amazon, aux USA).

Néanmoins, nous pouvons constater que, quelle que soit la taille des commerces alimentaires, tous réfléchissent à contourner cette loi. Cela veut peut-être dire que la loi doit-être repensée puisqu’elle ne répond pas au besoin actuel à la vue du contexte économique. Enfin, il est sans aucun doute possible de dire qu’elle contribue à l’accélération de l’automatisation des caisses.

 

Une loi en faveur de l’automatisation au détriment de l’Humain

 

La faiblesse de cette loi a été d’interdire à tous les salariés de travailler le dimanche après-midi. Il faut savoir que certains désirent travailler cette demi-journée là, mais les syndicats de la protection des salariés ont toujours soutenu l’idée que le dimanche était le « jour de repos en famille ». C’est à partir de cette volonté de les protéger que la loi de 1906 est apparue. Aujourd’hui, les entreprises ont trouvé le moyen de répondre à la demande en les excluant complètement. Aujourd’hui, la technologie existe et il est vrai que certains emplois vont certainement être menacés. Un des facteurs peut résulter d’une politique établie il y a de ça plus d’un siècle et qui a très peu évolué avec son temps. Peut-être que si la loi avait autorisé les personnes désirant travailler le dimanche après-midi la situation actuelle serait différente ?

 

Les solutions

 

Il faut savoir que de multiples solutions sont possibles.

Premièrement, les salariés désirant exercer leur métier en accord avec son employeur devraient pouvoir le faire. Aucun parti, syndicat, État et personnes tierces ne devraient pas pouvoir l’en interdire.

Deuxièmement, nous pouvons imaginer une loi stipulant qu’au regard du chiffre d’affaires du magasin en lien avec sa surface, un nombre minimum de caissiers et un nombre maximum de caisses automatiques pourraient être établis. Les caisses automatiques doivent ainsi être considérées comme une aide au personnel.

Troisièmement, dans le cas où un salarié est remplacé par une machine celui-ci devrait avoir la possibilité et le droit de racheter la machine qui le remplace. Ainsi, en détenant la machine l’employeur serait obligé de reverser un salaire mensuel au détenteur de la caisse automatique. Cela pourrait correspondre à une location. Tout entretien de la machine serait donc à la charge du propriétaire c’est-à-dire l’ancien salarié.

En cette période de taux négatifs, l’objectif premier de l’État français est de relancer l’économie. Pour ce faire, il est vital que les particuliers dépensent dans des produits à caractère national au lieu de le placer dans des livrets couvrant à peine l’inflation. Afin de pouvoir répondre au mieux à cette stratégie il est nécessaire de pouvoir ouvrir les centres commerciaux, quel que soit le jour ou l’heure de la journée.

Et vous quelles seraient vos solutions ?

Sources : Lefigaro, Ouest-france

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