Luckin Coffee, le géant chinois qui a bu la tasse

Ce devait être le grand rival de Starbucks. Le groupe chinois Luckin Coffee est aujourd’hui englué dans un scandale de falsification de leur chiffre d’affaires 2019. L’affaire a fait grand bruit dans le monde de la vente d’arabica et de robusta, en témoigne le cours de Bourse du groupe, passé par tous les états au cours des derniers mois. Un an à peine après une entrée fracassante sur le Nasdaq à New York, la société...
Avatar Clément Martinez5 juillet 20203 min

Ce devait être le grand rival de Starbucks. Le groupe chinois Luckin Coffee est aujourd’hui englué dans un scandale de falsification de leur chiffre d’affaires 2019. L’affaire a fait grand bruit dans le monde de la vente d’arabica et de robusta, en témoigne le cours de Bourse du groupe, passé par tous les états au cours des derniers mois.

Un an à peine après une entrée fracassante sur le Nasdaq à New York, la société Luckin Coffee n’est plus cotée. Rayée de la carte boursière américaine tel un pestiféré depuis le 29 juin 2020.

Et pour cause : Début avril, Luckin Coffee a révélé que certains de ses dirigeants étaient accusés d’avoir falsifié le chiffre d’affaires 2019 à hauteur de 290 millions d’euros. Alors que sa capitalisation atteignait le cap des 12 milliards de dollars en janvier 2020, elle a sombré à 350 millions après l’annonce. Un coup de grâce pour les investisseurs du monde entier.

 

Nombreux sont ceux qui ont bu la tasse

 

BlackRock en tête, ont soutenu cette société lancée en 2017 avec une trajectoire fulgurante. La cotation au Nasdaq, lors de leur IPO, a boosté sa course à l’ouverture de points de vente en Chine. Avec 651 millions de dollars en poche, Luckin Coffee ne s’est pas privé. Au point de doubler Starbucks, pourtant parti en avance dans ce domaine.

 

Que s’est-il passé ?

 

Pour inciter les consommateurs à opter pour ses cafés, Luckin Coffee a multiplié les opérations de promotion, coupons de réduction à l’appui. Quitte à adresser les généreux coupons à des clients fantômes pour alimenter la machine et à verser dans la malversation. La sanction est tombée : deux dirigeants de l’entreprise ont été remerciés et le sort du fondateur, Charles Zhengyao Lu, devrait être tranché lors d’une assemblée générale extraordinaire d’ici peu. L’affaire fait tache dans le monde du café. Même si les spéculateurs le savent : on peut très vite s’ébouillanter en misant sur le grain du caféier.

 

Un contexte tendu

 

Il suffit de regarder la courbe boursière de l’arabica sur les six premiers mois de l’année pour s’en convaincre. Celui-ci se négocie actuellement autour d’un dollar la livre à New York, en chute de près de 20 % depuis janvier. Mais la spéculation n’a pas cessé de souffler le chaud et le froid sur le café. Descente rapide en janvier, puis mise sous pression en février avec une remontée accélérée, suivies d’un refroidissement et d’un nouveau pic fin mars avant une lente dégringolade.

Même si, la crainte de perturbations des récoltes brésiliennes a échauffé les esprits, les investisseurs se sont surtout inquiétés d’un recul de la consommation alors qu’une bonne part de la planète s’est confinée pour tenter d’endiguer la pandémie de Covid-19. Ils s’interrogent maintenant sur la vitesse de reprise d’activité des bars et restaurants. Sans oublier que nombre de salariés, encore en télétravail, sacrifient la pause à la machine à café avec les collègues. Le cours du café n’a pas fini d’alimenter les débats autour cette fameuse machine à café.

Clément MARTINEZ

Sources : LesEchos, Le Monde

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