Les cessions d’actifs, solutions agiles à la crise COVID-19

Céder est un levier pour les dirigeants d’entreprises pour être plus agile et poursuivre la transformation technologique. Or, au vu du contexte international, la planification stratégique et le soutien à la transformation sont clairement à l’ordre du jour et notamment les cessions stratégiques qui permettent de libérer du capital, renforcer la résistance et générer de la valeur à long-terme. D’après une étude réalisée par le cabinet EY en lien ici, et menée en plusieurs étapes entre...
Clément Martinez Clément Martinez6 septembre 20206 min

Céder est un levier pour les dirigeants d’entreprises pour être plus agile et poursuivre la transformation technologique. Or, au vu du contexte international, la planification stratégique et le soutien à la transformation sont clairement à l’ordre du jour et notamment les cessions stratégiques qui permettent de libérer du capital, renforcer la résistance et générer de la valeur à long-terme.

D’après une étude réalisée par le cabinet EY en lien ici, et menée en plusieurs étapes entre janvier et mai 2020 afin de prendre en compte l’impact de la COVID-19.

 

Se transformer pour renforcer l’agilité opérationnelle

 

On note chez les dirigeants français une réelle bascule entre les objectifs pré et post-Covid, la stratégie française étant d’amortir les effets de la crise sanitaire plutôt que d’investir. Ces derniers se préoccupent à présent davantage de revoir leur supply chain pour maximiser le prix cédé. Ainsi, moins d’un tiers des répondants (29%) précisaient que la COVID-19 allait les contraindre à ré-organiser leur supply-chain en vue d’une cession contre plus de la moitié post-Covid (56%).

Aujourd’hui, à l’échelle mondiale, 72% (63% en France) des sondés affirment qu’ils conservent trop longtemps leurs actifs. Dans le cadre de l’optimisation du portefeuille et de la stratégie de cession, les entreprises réévaluent leur propriété d’actifs non-essentiels et envisagent de solliciter davantage leurs conseils stratégiques. Ces derniers peuvent aider à faire évoluer les coûts fixes vers une structure de coûts variables, à renforcer l’agilité de l’entreprise et à mieux mobiliser les ressources. Alors que les entreprises entrent dans la phase de reprise suite à la COVID-19, nous prévoyons un renforcement de cette course à la transformation dans les mois prochains.

Bien qu’elle ne soit pas nécessairement nouvelle ou inédite, cette approche est renforcée par plusieurs facteurs comme la transformation technologique. En fait, les entreprises qui avaient amorcé leur transformation numérique sont celles qui se sont le plus distinguées et qui s’en sont le mieux sorties au printemps 2020. La situation actuelle va complexifier les décisions d’allocation du capital dans un environnement déjà en pleine disruption et va inciter les entreprises à remodeler leurs portefeuilles d’actifs. En effet, céder leur permettra de dégager du cash qui pourra être réinvesti dans le core-business et dans les nouvelles technologies.

 

Un appétit croissant pour les cessions

 

33% des répondants considèrent la vente comme réponse à un contexte politique et économique incertain

 

En France, avant le confinement, 56% des entreprises interrogées déclaraient que l’instabilité géopolitique et la volatilité économique pouvaient les inciter à céder leurs actifs. Lors de l’étude post-COVID, ils n’étaient plus que 33% à considérer la vente comme réponse à un contexte politique et économique incertain. Cette situation pousse les vendeurs à retarder leurs projets à moyen-terme. Seulement 11% des sondés envisagent une vente dans les six prochains mois (contre 29% avant le mois février), tandis que 44% considèrent cette option à horizon d’un an.

Si la crise sanitaire fera sans doute augmenter le nombre de projets de cessions dans les mois à venir, l’un des principaux freins identifiés est l’augmentation de l’écart des prix entre ce qu’espèrent les vendeurs et ce que proposent les acheteurs. En France, 67% des répondants estiment d’ailleurs que cet écart va s’accroître.

Pour s’y préparer, les dirigeants prévoient de rallonger la durée de préparation à leur cession. S’ils étaient 56% en France à indiquer en début d’année que la récession causée par la COVID-19 allait les inciter à renforcer leur préparation, le pourcentage est monté à 89% lors de la seconde étape d’entretiens. À noter que les dirigeants français semblent plus précautionneux que dans les autres pays, puisque le pourcentage de répondants qui déclarent vouloir augmenter leur durée de préparation s’élève à 57% au niveau mondial.

 

Retour en force des investisseurs activistes

 

Alors que le nombre de campagnes d’actionnaires activistes (l’actionnaire activiste est une personne physique ou morale qui prend une participation minoritaire dans une entreprise et influence grandement sa stratégie. Il cherche ainsi le plus souvent à maximiser sa rentabilité en stimulant la création de valeur de la société. Ainsi, sans prendre le contrôle de la compagnie, un fond activiste la remodèle en profondeur pour des résultats notables) a chuté de 25% dans le monde au premier trimestre 2020, par rapport à 2019, les entreprises ont intérêt à rester vigilantes. Plusieurs activistes collectent des fonds pour capitaliser sur la dislocation du marché. Ils sont nombreux à pouvoir se targuer d’avoir des capitaux à long-terme, par rapport à en 2008.

 

96% des investisseurs activistes recommandent de se séparer d’activités non-essentielles ou sous-performantes

 

84% des investisseurs activistes s’attendaient à une cession dans les six mois à venir

 

Parmi les 25 investisseurs activistes mondiaux interrogés avant et après la crise COVID-19. Les résultats montrent que le panel d’investisseurs va évoluer plus rapidement qu’auparavant et qu’ils aspirent à simplifier leurs activités. En témoigne les 96% d’activistes qui recommanderaient à l’heure actuelle à une entreprise cible de se séparer d’activités non-essentielles ou sous-performantes, contre 64% auparavant.

Le délai souhaité a également considérablement raccourci. Avant la crise, 36% des activistes ont déclaré s’attendre à une cession dans les six mois, pourcentage qui est monté à 84% pendant la crise. Par conséquent, les entreprises doivent se préparer à des discussions avec les investisseurs qui se concentreront sur leur façon de réagir à la crise. Il sera également question de l’alignement des portefeuilles d’actifs à la stratégie ainsi que de la rémunération des dirigeants compte tenu de la performance de l’entreprise.

Clément MARTINEZ

Source : EY

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