Le secteur automobile, vers une double crise ?

La crise sanitaire a un impact sans précédent dans le secteur de l’automobile. En effet, à cause du confinement, les entreprises n’ont pas pu maintenir leurs cadences de production et de distribution, entraînant une perte considérable pour les différents groupes automobiles. La difficulté est de trouver une solution pour relancer cette industrie. Depuis plusieurs jours, nous entendons parler d’un plan de soutien pour ce secteur, mais qu’en est-il réellement ? L’actuel ministre des finances et de...
Avatar Lucas Goislard24 mai 20204 min

La crise sanitaire a un impact sans précédent dans le secteur de l’automobile. En effet, à cause du confinement, les entreprises n’ont pas pu maintenir leurs cadences de production et de distribution, entraînant une perte considérable pour les différents groupes automobiles. La difficulté est de trouver une solution pour relancer cette industrie.

Depuis plusieurs jours, nous entendons parler d’un plan de soutien pour ce secteur, mais qu’en est-il réellement ?

L’actuel ministre des finances et de l’économie française, Bruno Le Maire, va lancer d’ici peu un plan de soutien pour l’industrie automobile. À noter qu’aucun montant n’a encore été dévoilé mais nous savons que l’Etat a pour projet de soutenir toutes les industries se tournant vers les énergies dites « vertes ».

Pour l’automobile, cela peut aussi bien être représenté par les voitures électriques, les voitures à hydrogène, les voitures hybrides ou les voitures à essence/diesel les moins polluantes. Une telle stratégie permettrait non seulement de soutenir ce secteur mais également de l’aider dans le renouvellement des flottes de véhicules, dans le but de répondre aux critères émanant du parlement européen.

 

Les réglementations européennes toujours d’actualités…

 

En effet, il ne faut pas oublier qu’en 2018, le parlement européen a voté une loi visant à réduire les émissions de dioxyde de carbonne des véhicules. Si son application n’est pas reportée les conséquences pourraient pénaliser bon nombre d’entreprises qui sont d’ores et déjà en difficulté à cause de la crise sanitaire. Pour rappel la réglementation prévoit une amende de 95€ par gramme de CO2 au delà du seuil, et par véhicule. Pour rappel, en fin d’année 2019, PA Consulting avait réalisé une projection afin d’avoir un aperçu des amendes que les entreprises devraient payer si une telle réglementation était d’ores et déjà en vigueur. Les résultats étaient les suivants : Le groupe Volkswagen devrait payer une amende de 9 milliards d’euros, le groupe PSA serait dans l’obligation de payer une amende de 5,4 milliards d’euros et le groupe Fiat, une amende de 3,24 milliards d’euros.

Il se peut donc que l’Etat français ait décidé d’aider de façon indirect les groupes français à être en conformité avec cette réglementation tout en les aidant à se relancer. Il serait intéressant de voir la position des autres pays et en particulier, l’Allemagne et l’Italie, puisque si rien n’est fait, les groupes y étant implantés devront supporter, en plus des amendes, un nouveau coût que peu d’entreprises pourront payer. Cette nouvelle charge s’ajouterait à la crise actuelle et pourrait donc être à l’origine d’une nouvelle crise sectorielle plus profonde. Si cette double crise survenait, elle pourrait bien être une opportunité pour les groupes français puisque ceux-ci, mieux armés, pourraient plus aisément conquérir des parts du marché européen notamment grâce à leurs avancées dans le domaine des énergies « vertes ».

 

Une opportunité ? 

 

À noter que la crise sanitaire pourrait également être un facteur favorable pour le futur du marché de l’automobile. En effet, il se pourrait qu’une partie de la population, par crainte, décide de ne plus prendre les transports ni même de pratiquer le covoiturage. Elle pourrait bien décider de s’acheter une voiture pour plus de sécurité. Si la prime par véhicule se trouve être assez intéressante alors un boom économique dans le secteur de l’automobile pourrait être possible.

La stratégie établie par le plan de relance du gouvernement pourrait donc être « gagnant-gagnant ». Les entreprises françaises du secteur automobiles vendraient davantage de voitures et pourrait prendre l’ascendant sur le marché européen tandis que l’État maintiendrait et pourrait même développer dans un futur plus ou moyen proche davantage d’emplois. Son investissement pourrait ainsi être récupéré notamment à travers les taxes (TVA, etc).

Enfin le point crucial reste de connaître le montant exact de ce plan de relance, information qui sera donnée la semaine prochaine à l’issue d’une rencontre entre le Président de la République et les présidents des groupes PSA et Renault.

Lucas GOISLARD

Sources : Bfmbusiness, Lesechos, Challenges

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