Le Besoin en Fonds de Roulement (BFR)

Pour simplifier l’approche et la compréhension nous parlerons uniquement du Besoin en Fonds de Roulement (BFR) lié à l’exploitation et non du BFR hors exploitation, qui fera l’objet d’un autre article. Le BFR est un des indicateurs de la gestion quotidienne d’une entreprise les plus importants à suivre. Il correspond à la somme d’argent que l’entreprise doit posséder afin de payer ses charges courantes en attendant de vendre ses stocks ou de recevoir le paiement...
Julien Houssemand13 juin 20214 min

Pour simplifier l’approche et la compréhension nous parlerons uniquement du Besoin en Fonds de Roulement (BFR) lié à l’exploitation et non du BFR hors exploitation, qui fera l’objet d’un autre article.

Le BFR est un des indicateurs de la gestion quotidienne d’une entreprise les plus importants à suivre. Il correspond à la somme d’argent que l’entreprise doit posséder afin de payer ses charges courantes en attendant de vendre ses stocks ou de recevoir le paiement de ses clients.

Concrètement, le BFR correspond au décalage de trésorerie provoqué par l’activité courante de l’entreprise : lorsque je fabrique des chaises en bois, je dois déjà acheter des clous et du bois auprès de fournisseurs (créant une dette fournisseur si je ne paie pas l’intégralité de la facture au moment de l’achat), avant de pouvoir les fabriquer (stock), puis les vendre à des clients (qui me créeront des créances clients s’ils ne payent pas l’intégralité du montant au moment de l’achat).

Si je résume la situation, il m’a d’abord fallu décaisser de l’argent avant d’espérer en encaisser de mes clients. Je dois donc disposer en amont de cette somme pour pouvoir lancer mon activité de vente de chaises en bois. Au moment du démarrage de l’activité, mon BFR sera financé par les fonds propres et / ou les dettes que j’aurais pu récolter pour me lancer. Par la suite, je pourrais espérer financer mon BFR par le biais des sommes d’argent que j’aurais encaissé auprès de mes clients. Dans cette situation l’activité courante de mon entreprise sera alors auto financée.

Ce phénomène de décalage existe donc par le fait que je ne paye pas toujours mes fournisseurs au moment où, par exemple, je lui achète des clous et que mes clients ne me paient pas forcément l’intégralité de la facture au moment de l’achat. Lorsqu’un délai de paiement est mis en place, le décalage de trésorerie est accentué et se mesure dans le BFR. Ces décalages sont propres à chaque type d’activité. Par exemple, dans la grande distribution, lorsqu’en tant que client j’achète des produits dans un supermarché je paie l’intégralité du montant au moment du passage en caisse : aucune créance client n’est donc créée. Néanmoins, le supermarché, n’a pas payé l’intégralité de ses stocks au moment de l’achat : il a donc des dettes envers ses fournisseurs, et des stocks.

Mathématiquement, le BFR se calcul ainsi :

BFR = Créances clients + montant des stocks – dettes fournisseurs

(les montants sont résumés dans le bilan de l’entreprise, à l’actif pour les créances clients et les stocks et au passif pour les dettes fournisseurs)

Le résultat peut ainsi être positif, nul ou négatif. Lorsque le BFR est positif, cela représente un besoin de financement car il me faut compenser financièrement le temps que le client me paie. Cependant si le résultat est négatif, cela signifie que je dois plus à mes fournisseurs que mes clients ne me doivent et que la valeur de mes stocks. Dans ce cas, il s’agit d’une ressource supplémentaire puisque je dois plus d’argent (à mes fournisseurs), qu’on ne m’en doit (créances et stocks). Attention cette ressource n’est que temporaire car je devrais payer mes fournisseurs à la date convenu avec eux.

La bonne gestion de son BFR, en maîtrisant le délai de paiement des clients et le délai de règlement des fournisseurs est ainsi essentielle pour ne pas se retrouver en situation de ne pas pouvoir payer ses dettes courantes.

Enfin, précisions que tant que le paiement d’un client n’est pas encaissé (créance), il existe un risque de ne pas percevoir le paiement (créances sur clients douteux, par exemple). Il faut donc anticiper ce risque dans sa gestion.

Julien Houssemand

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