Après un échec de la mise en place d’une taxe européenne visant à imposer les géants du numérique, la France a décidé et ce depuis le 11 juillet 2019 de mettre en place une « taxe GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon) ». Le président des Etats-Unis d’Amérique en désaccord total avec cette décision tente de faire pression sur le président français pour que celui-ci revoie la décision prise. Si rien n’est fait du côté français, Donald Trump menace de taxer le vin français.

Une taxe qui ne concerne pas seulement les GAFA…

Cette « taxe GAFA » concernerait 26 entreprises internationales évoluant sur le territoire français comme Criteo, Groupon, Alibaba etc. Pour être assujetti à cette taxe il faut que l’entreprise en question génère 750 millions d’euros au niveau mondial et 25 millions d’euros de chiffre d’affaires au niveau national. De plus, cette taxe vise seulement deux types d’activités :

  • Les plateformes numériques qui fournissent divers services et qui mettent en relation les clients, producteurs, revendeurs ou fournisseurs.
  • Le ciblage publicitaire et la revente de données personnelles.

Si toutes les conditions sont remplies, l’entreprise sera alors taxée à hauteur de 3% de son chiffre d’affaires. D’après les estimations, cela devrait rapporter à l’État français 400 millions d’euros dès 2019.

Les conséquences d’une telle taxe…

L’objectif premier de cette taxe est de faire en sorte que toutes les entreprises exerçant au niveau national soient taxées. En effet, une entreprise de grande taille dont le siège social se situe en dehors de la France ne paie actuellement pas de taxe dans notre pays. Cela a pour conséquence d’avantager ce type d’entreprise au détriment d’entreprises françaises qui paient des taxes, plus élevées sur le territoire national. Cela peut créer un désavantage compétitif et donc favoriser une situation de monopole. Le but de cette taxe est donc d’éviter cette situation en adoptant une nouvelle règle qui permettra à toutes les entreprises de pouvoir se concurrencer de façon équitable, du moins au niveau de l’imposition. Un autre avantage est que la France recevra davantage de recettes, issues de ces taxes.

Dans un premier temps, les GAFA risquent de subir une hausse de leurs charges d’exploitation. En effet, lorsque l’on ajoute cette taxe au surcoût lié à la guerre commerciale menée par Trump contre la Chine, la situation financière risque d’être compliquée à gérer pour ces entreprises américaines.

Les consommateurs et les entreprises vont probablement être les premiers à souffrir de cette situation. Les 26 entreprises concernées vont sûrement augmenter leurs prix pour payer une partie de cette taxe. Situation compliquée puisqu’en augmentant le prix, le chiffre d’affaires va automatiquement progresser ce qui va accroître le coût de la taxe et donc la somme due au gouvernement français. Il sera donc nécessaire de déterminer avec exactitude les prix optimaux vis-à-vis de leurs services afin d’être le plus rentable possible.

Si l’augmentation des prix s’avère trop élevée il ne sera pas impossible que des services similaires apparaissent chez des concurrents avec des coûts réduits. Ces nouveaux services pourront permettre aux concurrents nationaux de prendre des parts de marché. Le paysage économique mondial serait alors modifié.

De plus si chaque pays met en place une taxe comme la France, ces entreprises internationales auront du mal à supporter financièrement autant de coûts. Cela pourra également entraîner la disparition sur le long terme de grands groupes internationaux au profit de plusieurs groupes nationaux.

Afin d’éviter de mettre les entreprises américaines dans une telle position Donald Trump menace de taxer le vin français si la loi n’est pas supprimée.

Le vin français réellement menacé ?

Il est important de savoir que la France est le premier exportateur de vin dans le monde en valeur. C’est-à-dire que l’on vend moins de vin en quantité mais à un coût plus élevé comparer aux autres pays exportateurs de vin. L’export représenterait en 2018 30% de la commercialisation des vins français.

Le premier pays consommateur du vin français serait les Etats-Unis suivi par l’Angleterre, l’Allemagne et la Chine. Durant cette même année il y aurait eu une hausse de l’exportation vers les Etats-Unis de 4,6% par rapport à 2017 représentant 3,2 milliards d’euros. Dans le même temps il y aurait eu une baisse de 14,4% de la consommation chinoise représentant 1 milliard d’euros.

Si la menace de Trump est mise en oeuvre cela pourrait faire baisser le nombre d’exportation vers les Etats-Unis. La baisse de la consommation en Chine, aux Etats-Unis et le Brexit anglais ne pourrait-elle pas nuire aux exportations du vin français ?

Ne connaissant pas le montant de cette « Taxe » il est difficile de se prononcer. Cependant, on peut pratiquement être certain que cela pourra nuire aux exportations du vin français mais sans grandes conséquences puisque le vin français dispose d’une notoriété importante. Une légère augmentation de prix sur un produit déjà coûteux n’empêchera pas l’achat de celui-ci. De plus, la fédération professionnelle se veut confiante en ce qui concerne la Chine et l’Angleterre. Malgré cette baisse de l’exportation en Chine, les hubs tels que Singapour et Hong Kong sont plutôt stables d’après Reuteurs. Les exportations dans ces hubs auraient même augmenté de 8,3% pour Singapour et de 12,3% pour Hong Kong. Concernant le brexit, les anglais n’hésitent à pas à constituer des stocks importants de vin, comme en atteste cet article larvf.

Une opportunité pour Donald Trump…

Donald Trump n’a pas choisi le vin par hasard. En effet, il sait que cela représente un marché de plusieurs milliards et est un poids de taille pour l’économie française. Son but premier étant de faire changer d’avis le gouvernement français concernant la « taxe GAFA ».

Mais dans ce cas précis le président américain veut faire un coup double. Dans le cas où le gouvernement français refuserait de retirer cette taxe, Donald Trump exécutera sa menace. Si celle-ci est mise à exécution, le président américain possédant la Trump Winery permettra à son entreprise, gérée par son fils d’écouler davantage de bouteilles de vin aux Etats-Unis profitant d’une présence amoindrie du vin français sur le marché national américain.

Donald Trump n’a pas hésité à Tweeter sur ce sujet disant :

« La france vient de mettre en place une taxe visant les géants américain du numérique. Le seul pays qui devrait se permettre de les taxer, c’est son pays d’origine. Nous annoncerons sous peu une mesure pour répliquer à cette bêtise venant de Macron. J’ai toujours dit que les vins américains sont meilleurs que les vins français ! »

Tweet ironique lorsque l’on sait que les vignes de la Trump Winery sont composées de cépages bourguignons pour le blanc et bordelais pour le rouge. Cette menace pourrait donc être un moyen de s’enrichir à titre personnel en faisant illusion de faire passer le bien américain avant tout.

Lucas GOISLARD, Tous droits réservés.


Sources :

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