L’Europe grand gagnant sur la distribution de dividendes en 2020 ?

D’après l’étude menée par « Allianz Global Investors » les entreprises européennes devraient distribuer 350 milliards d’euros de dividendes au cours de l’année 2020, soit une augmentation de 12 milliards d’euros (+3,9%) par rapport à 2019. Nous pouvons donc nous demander l’impact que cela aura sur la compétitivité des entreprises européennes.   L’impact des dividendes pour une entreprise   Il faut savoir que les entreprises versent aux actionnaires des dividendes une ou plusieurs fois par an. Ce...
Avatar Lucas Goislard19 janvier 20206 min

D’après l’étude menée par « Allianz Global Investors » les entreprises européennes devraient distribuer 350 milliards d’euros de dividendes au cours de l’année 2020, soit une augmentation de 12 milliards d’euros (+3,9%) par rapport à 2019. Nous pouvons donc nous demander l’impact que cela aura sur la compétitivité des entreprises européennes.

 

L’impact des dividendes pour une entreprise

 

Il faut savoir que les entreprises versent aux actionnaires des dividendes une ou plusieurs fois par an. Ce versement se calcule sur la base du résultat net qui correspond aux bénéfices de l’entreprise. Voici un tableau, simplifié, des « Solde Intermédiaire de Gestion » (SIG), qui récapitule les grandes étapes entre le Chiffre d’Affaires et le Résultat Net.

Lorsque le Résultat Net est défini, l’entreprise décide de répartir, ou non, les bénéfices selon un taux de distribution. Il est rare que les dividendes soient versés pour 100% du résultat net.

Les actionnaires peuvent les utiliser de plusieurs façons.

  • Premièrement ils le perçoivent comme un salaire.
  • Deuxièmement ils les utilisent pour racheter les parts déjà existantes. Le but étant de sécuriser l’entreprise contre un éventuel rachat de la société.

La partie non perçue par les actionnaires permettra à l’entreprise de se développer en investissant, par exemple dans la Recherche et Développement (R&D) ou autre.

 

Corrélation entre taux de croissance des dividendes et taux de croissance de l’entreprise

 

Lorsqu’une entreprise est dans un secteur défini son taux de croissance va ralentir au fur et à mesure que le temps passe et que l’activité se développe. Parallèlement à cela son taux de distribution des dividendes va grandir jusqu’à avoisiner les 100%.

À noter que ce sont les actionnaires lors des Assemblées Générales (AG) qui décident de se verser des dividendes. D’un point de vue financier cela peut sembler tout à fait normal puisque le capital leur appartient, cependant d’un point de vue stratégique cela peut être remis en question.

Afin de prendre la meilleure décision, il est nécessaire de réaliser une matrice BCG en rapport avec l’entreprise.

Les actionnaires font majoritairement le choix de se verser des dividendes lorsque leur entreprise se trouve dans la zone VACHES A LAIT. Des versements restreints peuvent être décidés également lorsque l’entreprise est dans la zone VEDETTES, mais avec le risque de freiner la croissance, encore forte.

La zone VEDETTES correspond au moment où l’entreprise a une part de marché élevée avec un fort besoin d’investissement. Dans ce cas là il lui est impossible de se verser un fort dividende sous peine de se faire rattraper puis distancer par ses concurrents.

L’entreprise se situant dans la zone VACHES A LAIT n’a pas besoin d’investir énormément pour conserver sa part de marché à l’inverse de la zone VEDETTES. C’est à ce moment que les actionnaires peuvent décider de se verser des dividendes. Nous pouvons prendre l’exemple du groupe M6 qui avoisine un taux de distribution de dividendes proche de 100%.

Cependant cela peut être une erreur stratégique qui est très majoritairement commise par les entreprises européennes et notamment françaises ! A l’inverse des entreprises américaines.

La première faiblesse des entreprises européennes est de ne pas pouvoir disposer du même capital de départ que les autres entreprises situées au Etats-Unis ou en Chine etc. Afin de pouvoir y faire face les fonds octroyés par la Banque Européenne d’Investissement (BEI) doivent être revue à la hausse. L’objectif est de permettre aux entreprises se situant dans la zone Euro de pouvoir se développer aussi efficacement que les entreprises américaines.

La seconde réside sur le fait qu‘une entreprise quelque soit sa taille à besoin de trésorerie pour se développer. Le fait que des actionnaires prennent une partie de ses bénéfices l’empêche de se développer correctement et d’investir dans la R&D ou la modernisation de son outil de production afin de pouvoir faire face à la concurrence. Dans le cas d’un secteur mature la part de marché relative risque également de diminuer, il donc vital pour l’entreprise en question de se diversifier et donc d’investir en amont dans l’innovation.

La troisième est que les actionnaires européens ont une vision sur le court terme. Il est vital pour les entreprises européennes d’aujourd’hui d’avoir des actionnaires qui ont une vision sur 5-7 ans afin de pouvoir allouer les ressources nécessaires pour le développement de leur entreprise. Dans le cas contraire elles perdront des parts de marchés. Une destinée néfaste pour l’économie européenne qui va se retrouver en difficulté dans les années à venir si rien n’est fait ayant pour conséquence d’être dans l’incapacité de se verser d’important dividendes.

Nous assistons donc à une vision courtermisme de la part des actionnaires européens.

 

Les raisons de cet accroissement du taux de distribution…

 

Au regard de la baisse des taux d’intérêts en Europe et des faibles gains obtenus lors des investissements, compte tenu des risques encourus, il est compréhensible que certains actionnaires décident d’obtenir plus de dividendes.

Cependant, il s’agit d’une vision sur le court terme comme dit précédemment. Il est tout à fait normal pour un investisseur de vouloir bénéficier d’une rentabilité cependant cela ne doit pas être au détriment de l’entreprise. L’actionnaire doit aussi avoir une vision sur le long terme, c’est seulement à partir de ce moment là qu’il pourra profiter d’une réelle plus-value. En effet, rappelons le, que l’actionnaire perçoivent ou non des dividendes n’influe en rien sur la valeur de son patrimoine à long terme puisque tout versement de dividende fait baisser le cours de l’action d’autant.

Lucas GOISLARD

Sources : LesEchosCapital

 

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