Bulgarie et Croatie bientôt en Zone Euro ?

Le 10 juillet dernier, la Bulgarie et la Croatie ont intégré le mécanisme de change européen, un passage obligé avant une éventuelle entrée dans la zone euro. La route reste, toutefois, longue pour ces deux pays, dont les économies ne respectent pas, pour le moment, les critères de convergence. L’entrée de la Bulgarie et de la Croatie dans l’euro ne devrait pas avoir lieu avant 2023 au plus tôt.   Vers une convergence économique Européenne...
Clément Martinez Clément Martinez26 juillet 20205 min

Le 10 juillet dernier, la Bulgarie et la Croatie ont intégré le mécanisme de change européen, un passage obligé avant une éventuelle entrée dans la zone euro. La route reste, toutefois, longue pour ces deux pays, dont les économies ne respectent pas, pour le moment, les critères de convergence. L’entrée de la Bulgarie et de la Croatie dans l’euro ne devrait pas avoir lieu avant 2023 au plus tôt.

 

Vers une convergence économique Européenne

 

L’entrée de la Bulgarie et de la Croatie dans le mécanisme de change européen (MCE II), le 10 juillet dernier, marque un pas supplémentaire vers l’intégration de ces deux pays à la zone euro. L’entrée et le maintien dans le MCE II est l’un des critères de convergence que doivent respecter les pays candidats à l’entrée dans la monnaie unique. Le mécanisme impose un taux de change fixe avec marges de fluctuation de la monnaie nationale du pays concerné par rapport à l’euro. Afin de se maintenir dans le MCE II, une devise ne doit pas fluctuer de plus de 15 % par rapport à une valeur de référence, appelée cours pivot. Cet objectif semble tout à fait atteignable pour les deux pays. La Bulgarie a, en effet, ancré le lev, sa devise, à l’euro dès 1999. De même, la Croatie maintient la parité de la kuna dans une bande de fluctuations étroites avec l’euro depuis sa création. Tout pays candidat à l’entrée dans la zone euro doit, au préalable, se maintenir au moins deux ans dans le mécanisme de change.

Les cours pivots ont été établis à un euro respectivement pour 1,95583 lev et 7,53450 kunas. Pour rester dans le MCE II, la Bulgarie devra donc maintenir la valeur de sa monnaie à ± 15 % de 1,95583, soit entre 1,66246 et 2,24920 levs.

La notion de convergence est apparue, en Europe, lors de la signature du Traité de Maastricht en 1992. Chaque pays désireux d’intégrer la zone euro doit, depuis lors, respecter des « critères de convergence », définis de manière à assurer une certaine homogénéité entre les différents pays voués à participer à une zone monétaire unique, dans laquelle une seule politique monétaire est possible. La convergence entre les économies permet ainsi de réduire le risque de voir se développer les stratégies de « passager clandestin », dans lesquelles un pays pourrait être tenté de laisser ses déficits, public et extérieur, se creuser, sans avoir à se soucier des niveaux du taux de change et des taux d’intérêt.

Les critères de convergence sont des conditions portant sur des indicateurs économiques précis que doivent respecter les pays avant d’effectuer leur entrée dans la zone euro. Les critères définis dans le Traité de Maastricht portent sur le niveau d’inflation, de déficit et de dette publics, du taux de change et du taux d’intérêt à long terme.

 

Encore certains efforts à fournir

 

L’entrée et le maintien dans le mécanisme de change européen est, avec le respect des critères de convergence, la dernière étape avant une entrée dans la zone euro. Cependant, ce processus peut se révéler long et difficile. A l’heure actuelle, tant la Bulgarie, que la Croatie, ne respectent pas certains critères de convergence. Par exemple, selon les estimations de la Direction Générale du Trésor, la dette publique croate devrait représenter, fin 2020, près de 86 % du PIB, bien loin de la limite autorisée dans les traités de 60 % du PIB. De même, le taux d’inflation atteint, en Bulgarie, 2,6 % et dépasse ainsi le seuil autorisé (1,5 point de plus que la moyenne des trois Etats membres ayant la plus faible inflation), autre critère de convergence. La Commission européenne souligne, d’ailleurs, que le faible niveau général des prix en Bulgarie risque d’alimenter une inflation modérée pour les années à venir. En effet, dans cette économie en fort développement, certains secteurs connaissent d’importants gains de productivité. Ces derniers contribuent à l’augmentation des salaires dans l’ensemble de l’économie. Dans ce contexte, les entreprises augmentent les prix afin de rester rentables, ce qui génère de l’inflation.

 

Outre le respect des critères de convergence, la Bulgarie et la Croatie doivent mettre en conformité leur droit financier avec les traités européens, avant de pouvoir entrer dans l’Union économique et monétaire.

En particulier, les deux Banques centrales de ces deux pays, bien qu’indépendantes, ne respectent pas encore la totalité de la législation européenne. Ainsi, l’entrée dans la zone euro de la Bulgarie et de la Croatie n’est pas attendue avant 2023, au plus tôt.

Clément MARTINEZ

Sources : LesEchos, Le Monde, LaFinancepourtous

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