Un financement vert pour Orange

Il y a quelques semaines, au mois de septembre, Orange a émis ses premières obligations durables. Ces dernières s’inscrivent dans son plan stratégique pour le développement durable « Engage 2025 » présenté en 2019. Ce plan doit permettre à l’opérateur de se réinventer à la fois sur l’inclusion numérique et social mais également de lutter contre le réchauffement climatique. Ce financement représente un montant de 500 millions d’euros sur 9 ans.   De nombreux instruments...
Julien Houssemand Julien Houssemand11 octobre 20204 min

Il y a quelques semaines, au mois de septembre, Orange a émis ses premières obligations durables. Ces dernières s’inscrivent dans son plan stratégique pour le développement durable « Engage 2025 » présenté en 2019. Ce plan doit permettre à l’opérateur de se réinventer à la fois sur l’inclusion numérique et social mais également de lutter contre le réchauffement climatique. Ce financement représente un montant de 500 millions d’euros sur 9 ans.

 

De nombreux instruments

 

Bien que le géant des télécommunications s’est fixé un objectif de 5 ans pour mener à bien sa transformation globale, la direction financière a fait un premier pas pour financer ses projets tant sur l’inclusion numérique et sociale que dans ses projets d’efficacité énergétique. Pour réaliser ce financement, le groupe s’est tourné vers des obligations durables. A la différence des obligations vertes d’un côté et sociales de l’autre, les obligations durables présentent l’avantage de couvrir les deux aspects. En effet, les fonds récoltés par le biais de cet instrument peuvent être destinés à la fois à des projets environnementaux, mais également sociaux tant qu’ils répondent à des critères durables.

Le groupe aurait également pu se tourner vers d’autres types d’instruments à savoir les obligations vertes (« green bonds ») qui sont néanmoins encadrées par les Green Bonds Principles et dont les fonds levés doivent servir à financer des projets préalablement définis. Le choix aurait pu se faire également pour les sustainability-linked bonds. Cet instrument, souscrit à plusieurs reprises au cours des dernières semaines par des entreprises telles que Chanel ou Suzano, présente l’avantage de pouvoir allouer les fonds aux projets de son choix. Cependant, la contrepartie est d’avoir pris auparavant des engagements et objectifs RSE précis. Si les objectifs établis ne sont pas atteints, le coût du financement sera alors majoré, augmentant ainsi les charges financières liées à cet emprunt pour l’entreprise émettrice.

 

L’intérêt grandissant des investisseurs

 

De nombreux autres instruments permettant d’accéder à un financement vert ont vu le jour ces dernières années. Cette diversité est permise par un appétit toujours plus important des différents investisseurs pour des projets « durables » qui respectent les grands principes environnementaux, économiques et sociaux.

Les montants levés sur le marché des émissions à impact (obligations vertes, sociales et durables) entre Janvier et Juillet 2020 s’établissent à environ 190mds € soit plus de 19x plus que pendant la même période en 2014. Cette croissance fulgurante est portée par des enjeux toujours plus grands et par l’importance accordée par de plus en plus de consommateurs au respect du développement durable.

 

Un manque de cadre claire 

 

Toutefois, ces instruments de financements verts, intéressants sur le principe, manquent pour beaucoup d’un cadre juridique précis et d’une définition claire. L’encadrement n’est pas suffisant pour tous et le risque d’un manque de transparence envers les investisseurs est présent. Il est également important de pouvoir endiguer d’éventuelles opérations de « greenwashing », c’est-à-dire le fait de se donner une image de responsabilité écologique trompeuse ou de ne pas allouer des fonds levés via des instruments durables à des projets correspondant.

Il existe aussi un réel risque de perte de crédibilité aux yeux des investisseurs et, de ce fait, le risque d’un délaissement de ces instruments, à terme. Pour résoudre cette problématique, des associations se placent comme force de proposition en vue d’améliorer l’encadrement de tels instruments. En effet, la Climate Bond Initiative (CBI) a publié en septembre 2019 un document qui propose, entre autres, une méthodologie pour classifier les investissements éligibles aux financement verts. Dans la même lignée, l’Association Internationale des Marchés de Capitaux (AIMC) a créé un groupe de travail dans le but de mettre en lumière des idées pour encadrer ces types de financements. Si les travaux de ces différentes associations aboutissaient, cela pourrait permettre de renforcer la crédibilité des instruments de financement vert.

Julien HOUSSEMAND

Source : OptionFinance

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