Créée en 2013, Slack est une société à deux têtes. Elle est à la fois une plateforme de communication collaborative tout en étant un système de gestion de projet. Le but est de proposer aux individus une messagerie propre à leurs besoins. Il n’est donc plus primordial lors d’un lancement de projet de mettre en place un VPN (Virtual Private Network) spécifique. Un VPN est un réseau virtuel privé permettant de relier plusieurs ordinateurs distants de manière sécurisée et offrant un accès à des données communes. Slack facilite la communication et ce gratuitement. C’est un gain non négligeable pour les jeunes start-up ou pour les individus voulant concrétiser une idée. Il faut également savoir que Slack peut proposer des services très poussés comme par exemple, être plus de 300 utilisateurs sur un même projet. Toutefois, pour ce faire il faudra débourser un peu d’argent.

En termes de chiffre, cette plateforme ayant tout juste 5 ans a déjà réussi à atteindre les 7,1 milliards de dollars de valorisation et à dépasser les 200 millions de dollars de chiffre d’affaires.

De multiples levées de fonds… 

Durant ces 5 ans, Slack a réalisé pas moins de 11 levées de fonds. La dernière remonte au 21 août 2018 permettant d’apporter plus de 427 millions de dollars. La précédente, datant de septembre 2017, avait déjà permis d’engranger 250 millions de dollars. Au total, c’est plus de 1,2 milliard de dollars que ces 11 levées de fonds ont généré.

L’objectif de Slack est très clair : concurrencer et devancer les messageries phares déjà existantes comme celles proposées par Microsoft (Skype, Outlook, Teams) mais aussi par Facebook avec Workplace et Redkix qui a été racheté en juillet 2018, notamment pour concurrencer Slack. Cette dernière se doit donc de mener une politique d’investissement forte et d’accroître la taille de sa cible en s’attaquant à d’autres types de clients qui ne sont pas forcément des start-up ou PME mais des clients de taille plus importante. Le fait de diversifier sa clientèle permettra de faire plus de profits potentiels mais attention de ne pas perdre son identité. On peut alors se demander : Quels moyens et quelles stratégies faut-il mettre en œuvre pour y parvenir ?

… qui ont leurs limites 

L’un des meilleurs moyens d’arriver à atteindre un objectif pareil est alors de proposer plus de contenu. Pour ce faire, une chose s’impose : il faut investir. Bien que la messagerie aux 8 millions d’utilisateurs quotidiens n’ait jamais fait sentir de réel besoin de financement, concurrencer des mastodontes tels que ceux cités précédemment nécessitent des investissements soutenus et durables. Dans ce cas, pourquoi ne pas faire une 12 ème levée de fonds ?
Il faut savoir qu’après de nombreuses opérations de ce type, les fonds d’investissements ne peuvent plus se permettre de suivre l’entreprise en question. Cela est notamment dû aux risques et à l’incertitude engendrée par les nombreux investissements déjà réalisés dans l’entreprise, même si celle-ci vaut 7,1 milliards de dollars aujourd’hui.

L’entrée en bourse serait-elle alors une solution pour pallier l’absence des fonds d’investissements ? 
Il reste alors « le grand public » vers qui l’entreprise peut se tourner dans le but de trouver des fonds. Le moyen pour y arriver est alors de faire une IPO (Initial Public Offering ou Introduction en bourse en français).

Les avantages de faire son entrée en bourse sont :

  • L’entreprise va pouvoir obtenir de la liquidité et ce, de façon immédiate.
  • Un autre avantage qui n’est pas négligeable, surtout pour une entreprise comme Slack, est le fait d’améliorer la perception de l’entreprise. Notamment auprès des investisseurs et des partenaires déjà en place. Le fait qu’une entreprise réalise une IPO montre un certain engagement de la part des dirigeants mais également une structure organisée et ambitieuse. La perception que les consommateurs peuvent avoir, peut également changer et s’améliorer. Cela est dû au fait que l’entreprise, donc les services, seront davantage reconnus et ce au niveau international. Sa position sera alors consolidée dans le secteur de la messagerie et de la gestion de projet.

Cependant plusieurs inconvénients tendanciels peuvent se faire sentir : 

  • On peut voir actuellement que la bourse est en phase baissière et que les cours sont plutôt instables.
  • La société Slack sera plus que jamais dépendante de ses performances puisque les fonds engagés par les actionnaires publics peuvent être réduits à tout moment par le jeu de fluctuation des cours.
  • Les actionnaires aujourd’hui majoritaires vont devoir faire place aux nouveaux actionnaires. Ils assisteront alors à une dilution de leur bénéfice par action dit BPA. L’entreprise ne pourra alors plus verser la totalité des bénéfices pour le développement de son entreprise. En effet elle sera obligée de verser les dividendes aux actionnaires qui font partie du flottant, reste à savoir le pourcentage qui sera ouvert lors de l’IPO.         

Naissance d’un dilemme

Un dilemme peut alors se poser, Slack a besoin de liquidités pour continuer à prendre des parts de marché et ainsi tenter de devancer ses concurrents. On sait que si l’entreprise entre en bourse maintenant il est probable qu’elle soit impactée par cet effet de baisse et ne puisse pas bénéficier d’autant de liquidités qu’attendues. Néanmoins elle pourra continuer sa politique d’investissement.
Cependant si l’entreprise attend que la bourse sorte de cette phase, il peut s’écouler plusieurs mois, durant lesquels il est impossible d’avoir de la liquidité pour investir. On pourra alors assister à un ralentissement des investissements. Le risque sera alors de perdre l’avance que Slack avait réussi à gagner durant ce ralentissement.

Quelle décision ? 

En faisant son entrée en bourse début 2019 Slack prend donc le risque de faire une erreur de timing et donc de ne pas obtenir les résultats escomptés.
L’entreprise doit donc peser le pour et le contre et pourrait opter quand même pour une IPO dans la première moitié de l’année 2019 pour faire en sorte de devancer le plus possible ses concurrents même si cela peut entraîner moins de gains.
En effet comme nous avons pu le voir il est primordial, dans la situation actuelle, que Slack soutienne de façon durable ses investissements même si cela veut dire une perte potentielle de liquidités.

Ci-dessous la progression du CAC 40 et du DOW JONES sur plus de 10 ans. (mise à jour le 14 janvier 2019 , source : Boursorama)

CAC 40 sur les 10 dernières années             

DOW JONES sur les 10 dernières années  

CAC 40 sur la dernière année
DOW JONES sur la dernière année

Comme ces graphiques peuvent le montrer sur le long terme les indices boursiers ne cessent de progresser. Néanmoins lorsque l’on se concentre sur la dernière année nous pouvons voir de façon très nette, une phase baissière au niveau mondial. Il ne reste plus qu’à savoir jusqu’où cette baisse ira.


Sources : 

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