Il est important de savoir que la baisse ou l’augmentation des taux est en corrélation avec l’environnement économique du pays qui elle-même est en relation direct avec l’inflation.
Il est possible de parler d’inflation lorsque le pays connaît une croissance économique soutenue. Cela se traduit par une diminution du chômage entraînant une augmentation des salaires, de la consommation et par conséquent une augmentation des prix. Beaucoup de banques centrales ont pour cible un taux d’inflation à 2%. Au-delà, elles considèrent que l’inflation est trop forte. Afin de pouvoir la freiner, la banque centrale gérant la situation se doit d’augmenter les taux d’intérêt.

 

Les effets d’une augmentation des taux d’intérêt :

En les augmentant, les placements d’actifs corrélés aux taux d’intérêt vont générer un meilleur rendement compte tenu des risques encourus. Ainsi les ménages vont se mettre à épargner ce qui aura pour effet d’entraîner une baisse de la consommation provoquant un ralentissement économique. Cette baisse engendrera donc à terme une réduction de l’inflation.
Actuellement, aux États-Unis, l’inflation est de 1,8% avec un taux directeur si situant entre 2,00% et 2,25%. Il faut savoir qu’entre 2008 et 2015 le taux directeur était à 0%. C’est en 2015 que l’ancienne présidente de la FED (Réserve fédérale des États-Unis) Janet YELLEN initia la reprise de l’augmentation des taux d’intérêt. Pourtant, c’est fin juillet que l’actuel président de la FED, Jerome POWELL, a décidé de baisser de 0,25% le taux directeur. Avant cette baisse, le taux était à 2,25%. La raison de cette baisse réside dans le fait que l’inflation a été jugée trop faible par rapport aux prévisions établies. Bien que les États-Unis soient dans une situation de croissance économique avec un taux de chômage faible, un ralentissement économique commence à se faire ressentir. Cette situation ne devrait pas avoir lieu à la vue de l’inflation actuelle. Cela peut vouloir dire que les taux d’intérêt ont été remontés un peu trop vite au regard de la situation économique du pays. L’unique solution s’offrant alors aux Américains est de baisser les taux d’intérêt.

 

Les effets d’une baisse des taux d’intérêt :

Baisser les taux permet aux entreprises et aux ménages d’emprunter plus facilement aux banques afin de réaliser leurs projets. En faisant cela, ils investissent massivement dans l’économie ce qui a pour effet de la relancer. C’est pourquoi, par exemple, la BCE désirant soutenir la relance de la croissance économique a décidé d’instaurer une politique de taux négatifs.

 

Le problème européen :

L’un des problèmes du point de vue européen est que les ménages empruntent à des taux très bas, mais décident de placer cette somme dans des livrets d’épargnes au lieu de l’utiliser pour consommer. En plaçant cet argent, cela le mobilise et réduit la consommation. C’est une situation qu’il faut absolument éviter puisque l’argent mobilisé au regard de la situation économique et des taux d’intérêt très faibles rapporte peu surtout en période de risques plutôt élevés. C’est pourquoi certains économistes recommandent aux banques centrales de donner directement de l’argent aux ménages et aux entreprises afin de relancer la croissance. Cette politique se nomme « Hélicoptère monnaie ».

 

Le problème américain :

Pour les États-Unis, cette baisse des taux d’intérêt va permettre aux entreprises et aux ménages d’emprunter, de réduire les charges des dettes (intérêts plus faibles) et d’inciter les entreprises à investir. Le but étant de soutenir et de renforcer la croissance économique, mais surtout d’accroître l’inflation. À noter qu’en faisant cela, le dollar sera un peu moins fort.
Cependant, pour le président américain, cette baisse de 0,25% ne suffit pas : il faut que les taux suivent ceux de la BCE.

 

L’objectif de Donald Trump :

En baissant de façon drastique les taux d’intérêt, cela va avoir pour effet d’affaiblir le dollar. L’intérêt d’avoir une monnaie faible est de pouvoir rester compétitif face aux autres pays. De plus, la baisse du dollar va pouvoir entraîner une nouvelle guerre autre que la guerre commerciale qui est la guerre des monnaies. En faisant cela, le président américain veut favoriser les exportations ce qui permettra d’accentuer la croissance économique de son pays. Une méthode qui semble être peu appréciée par la FED.

 

L’objectif de la FED :

Dans le cas où les taux d’intérêt passeraient rapidement de 2,25% à 0%, une forte hausse de l’inflation serait engendrée. Une situation que toute banque centrale tente d’éviter. L’effet négatif d’une telle stratégie est que toutes les importations réalisées vont être plus coûteuses principalement causé par la dévaluation de la monnaie. Or, les États-Unis ont atteint un niveau de déficit historique (621 milliards de dollars en 2018). Le fait de baisser la monnaie permettra d’exporter, certes un peu plus, mais le coût des importations augmentera. Le risque est d’avoir une réduction du déficit commercial au détriment de la balance des paiements.
Le but est de s’assurer que l’opération reste rentable et intéressante à réaliser, au regard de la situation actuelle. La difficulté réside au niveau de la prévision de la croissance des exportations si une baisse des taux d’intérêt venait à être réalisée.
Au regard des avantages et des inconvénients, il est possible de se demander s’il est judicieux de mettre en péril la situation actuelle pour espérer créer une meilleure situation économique. Il est nécessaire de prendre en compte que les États-Unis est l’un des seuls pays dans le monde à connaître une telle croissance avec un aussi faible taux de chômage. Il est possible que l’élection de l’année prochaine pousse le président à vouloir obtenir de meilleurs résultats. De plus, permettre aux entreprises de revoir leurs charges au niveau de la dette va les aider à s’endetter en vue, de façon hypothétique, à financer certains candidats se présentant de nouveau au poste de la présidence.

Lucas GOISLARD.


Sources :

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