L’industrie pétrolière accélère sa transition énergétique

La crise du COVID-19 fait boire la tasse aux compagnies pétrolières. Certaines, dont Total et Shell, BP en profitent pour accélérer leur transition vers les énergies renouvelables.   L’exemple BP ?   Pour exemple, BP, le numéro trois mondial privé des hydrocarbures passe à la vitesse supérieure dans les énergies renouvelables. Il coupe en deux son dividende et promet de décupler ses investissements dans les énergies propres. BP investira 4 milliards de dollars par an...
Avatar Clément Martinez16 août 20204 min

La crise du COVID-19 fait boire la tasse aux compagnies pétrolières. Certaines, dont Total et Shell, BP en profitent pour accélérer leur transition vers les énergies renouvelables.

 

L’exemple BP ?

 

Pour exemple, BP, le numéro trois mondial privé des hydrocarbures passe à la vitesse supérieure dans les énergies renouvelables. Il coupe en deux son dividende et promet de décupler ses investissements dans les énergies propres. BP investira 4 milliards de dollars par an dans l’éolien, le solaire ou encore les bornes de recharge pour véhicules électriques d’ici à 2025, et passera à 5 milliards par an avant 2030.
Il s’agit d’un tournant majeur pour BP, qui était jusqu’à présent moins ambitieux que Shell et Total dans ce domaine. Ses investissements annuels dans les renouvelables atteignaient à peine un demi-milliard jusqu’à l’an dernier, contre 1,5 à 2 milliards pour le pétrolier français. BP prend maintenant une longueur d’avance… jusqu’à ce que ses concurrents, aussi ambitieux, revoient à leur tour leurs objectifs
Plus en détails, cette stratégie impliquerait notamment une multiplication par 10 des investissements dans les énergies bas carbone, de 500 millions à 5 milliards de dollars par an, d’ici 2030. Ceci comprendra notamment de nouvelles infrastructures de transport (avec une multiplication des points de recharge pour véhicules électriques), une nouvelle production d’électricité renouvelable de l’ordre de 50 GW et des infrastructures destinées au captage et au stockage du CO2. BP souhaite également développer la production d’hydrogène « vert » (produit par des énergies renouvelables) et « bleu » (produit par des énergies fossiles, mais dont le CO2 émis est capté et stocké).
Cette feuille de route, qui précise une ambition annoncée il y a plusieurs mois, fournit le changement de cap pour le géant de l’hydrocarbure. Parallèlement à ces productions vertes, BP prévoit de réduire de 40 % sa production de pétrole d’ici 2030, passant de 2,6 millions de barils quotidiens actuellement à 1,5 million dans 10 ans.

 

Une bonne nouvelle pour la lutte contre le réchauffement climatique ?

 

Ces mesures doivent ainsi faire baisser les émissions de gaz à effet de serre du groupe. De quelles émissions parle-t-on ?

fandas.fr/TRANSITION1

Lorsqu’on évoque le CO2 émis par une société, on distingue trois types d’émissions que l’on découpe en « scopes ». Le scope 1 représente les émissions directes de l’entreprise et le scope 2 les émissions indirectes liées à la production du produit, comme l’approvisionnement en électricité par exemple. Le scope 3 détermine enfin toutes les autres émissions indirectes liées à la production et à la vente du produit, comme l’approvisionnement en matières premières ou le transport.
Mais si le scope 3 représente généralement la grande majorité des émissions globales (plus de 80 %), les entreprises pétrolières estiment souvent que leur réduction est plutôt l’affaire d’autres sociétés.

Ainsi, dans son annonce, BP fournit des caps qui, selon elles, sont en accord avec l’objectif de limiter le réchauffement climatique sous la barre d’1,5°C : entre 2019 et 2030, ses émissions directes doivent réduire de 30 à 35 % et ses émissions indirectes de 35 à 40 %. L’intensité carbone de ses « produits commercialisés », elle, doit être réduite de 15 %. Mais en laissant une partie de ses émissions de scope 3 en dehors de ces objectifs, il est difficile de savoir ce que valent effectivement ces ambitions. Cela dit, il faut reconnaître que BP promet ici plus d’efforts que d’autres géants du secteur.

 

Un cas isolé ?

 

Si les compagnies américaines profitent plutôt de la crise pour racheter leurs compatriotes les plus faibles sans s’éloigner du pétrole et du gaz (Chevron vient de racheter Noble Energy), leurs concurrentes européennes accélèrent leur diversification hors du carbone.
Lors de l’assemblée générale des actionnaires de Total du 29 mai, son PDG a promis que le groupe aura réduit de 60 % l’intensité carbone des produits énergétiques vendus à ses clients d’ici à 2050. Déjà très engagé dans le gaz et l’électricité, le groupe a également annoncé faire ses premiers pas dans l’éolien offshore en achetant la moitié d’un champ britannique dont la capacité de production est équivalente à celle d’un réacteur nucléaire.

Clément MARTINEZ

Sources : LesEchos, Clubic, AGEFI

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