Les voitures à hydrogène, une concurrence de taille pour les voitures électriques ?

L’hydrogène se développe de plus en plus. Certains constructeurs automobiles comptent bien en tirer avantage. Quel peut bien être son avenir ? Depuis plusieurs années les constructeurs automobiles font face à diverses problématiques. La plus importante étant la pollution. Il faut savoir que la Commission européenne a voté en 2018 une loi visant à réduire les émissions de dioxyde de carbone des véhicules. Ainsi, en 2021 les nouveaux véhicules ne devront pas dépasser 0,95g de...
Lucas Goislard27 octobre 20199 min

L’hydrogène se développe de plus en plus. Certains constructeurs automobiles comptent bien en tirer avantage. Quel peut bien être son avenir ?

Depuis plusieurs années les constructeurs automobiles font face à diverses problématiques. La plus importante étant la pollution. Il faut savoir que la Commission européenne a voté en 2018 une loi visant à réduire les émissions de dioxyde de carbone des véhicules. Ainsi, en 2021 les nouveaux véhicules ne devront pas dépasser 0,95g de CO2 par km. En cas de dépassement, la réglementation prévoit une amende de 95€ par gramme de CO2 dépassé.

PA Consulting a donc réalisé une projection afin d’avoir un aperçu des amendes que les entreprises devraient payer si une telle réglementation était d’ores et déjà en vigueur. Les résultats sont les suivants :

Le groupe Fiat devrait payer une amende de 3,24 milliards d’euros, le groupe Volkswagen aurait une amende de 9 milliards tandis que l’amende pour le groupe PSA serait de 5,4 milliards d’euros.

La Commission européenne ne compte pas s’arrêter là. En effet, elle compte accentuer cette réduction d’émission en la faisant passer de 0,95g à 0,59g de CO2 par km et ce dès 2030.

Au regard des pertes financières prévisionnelles, les constructeurs automobiles sont dans l’obligation de revoir leurs stratégies et donc de trouver des alternatives. L’objectif est clair, pallier à ce problème en produisant des voitures avec une empreinte carbone faible. 

 

Des nouvelles réglementations facteurs d’opportunités

 

Aujourd’hui, nous pouvons constater que les constructeurs automobiles ont pratiquement tous lancé une gamme voiture électrique. Le but est de pouvoir répondre à la demande qui n’a cessé de grandir au fil des années tout en répondant aux exigences fixées par la Commission européenne. Les consommateurs d’un point de vue général font de plus en plus attention à l’environnement. Les voitures sont donc les principales visées. Une entreprise a profité de cet effet pour s’insérer sur le marché de l’automobile. Il ne s’agit ni plus ni moins que de Tesla. Cette entreprise a eu plus de facilités à s’introduire sur le marché de l’automobile puisque son offre répond parfaitement au besoin actuel. Le marché automobile européen en 2018 aurait écoulé environ 15,16 millions d’unités, soit 0,1% de plus qu’en 2017.

 

Des différences notables entre voiture à l’hydrogène et voiture électrique

 

Certains constructeurs automobiles tels que Hyundai, Toyota, Renault n’ont pas souhaité se cantonner aux voitures électriques. Pour ce faire, ils ont décidé de se lancer dans les voitures à l’hydrogène. Une voiture à l’hydrogène fonctionne comme une voiture électrique. La différence est qu’il suffit pour la voiture à hydrogène de contenir de l’hydrogène dans un réservoir contrairement à une voiture électrique devant être rechargée à 100%.

 

La production

 

Dans un premier temps nous allons parler de la fabrication des voitures. Il faut savoir que la production d’une voiture électrique est extrêmement polluante. D’après l’Union of Concerned Scientists la production d’une voiture électrique émettrait jusqu’à 70% de CO2 d’une voiture à essence ou diesel, fabrication inclue.

Concernant les voitures à hydrogène, ce n’est pas la fabrication de la voiture qui poserait un problème d’émission de CO2 mais bien la fabrication de l’hydrogène. En effet, il semblerait que 95% de l’hydrogène produit dans le monde est issu d’énergies fossiles. La fabrication de l’hydrogène demande énormément d’électricité. Cette électricité ne provenant pas d’énergie renouvelable émet pour le moment du CO2. La transition énergétique étant en marche ce pourcentage va diminuer, et ce d’année en année. Des perspectives d’amélioration du processus sont donc envisageables.

Il s’agit d’un atout non négligeable, puisque dans le cas où une nouvelle réglementation apparaîtrait, visant à réduire le taux de CO2 lors de la production d’un produit, l’avenir des voitures électriques serait compromis, contrairement aux voitures à hydrogène.

 

Les stations-services

 

Ce point spécifique représente un défi de taille pour la logistique. Les voitures électriques ne peuvent pas profiter des stations-services traditionnelles. Il est alors nécessaire pour les constructeurs automobiles vendant des voitures électriques de posséder une flotte de bornes électriques. Le but est de permettre à leurs clients de recharger leurs véhicules.

Tesla a très bien compris cela, c’est pourquoi il est possible de trouver leurs superchargeurs partout en France. Ils ont pu se permettre cela en faisant, par exemple, des partenariats avec des hôtels.

Il est primordial pour le client d’être certain de pouvoir recharger son véhicule où qu’il soit. À noter que le temps de charge peut varier selon les véhicules, 20 min (pour les superchargeurs Tesla) à plusieurs heures selon le chargeur pour arriver entre 60% et 100%, cela reste nettement moins rapide qu’une station-service classique. 

L’inconvénient pour le constructeur de ce type de technologie est qu’il doit s’assurer que ses clients puissent recharger leurs voitures n’importe où. Dans le cas contraire cela peut-être un frein pour le consommateur. Les constructeurs automobiles ne sont donc plus seulement des fabricants mais deviennent également des fournisseurs d’électricité.

Il faut donc s’assurer que l’électricité fournie soit issue d’énergie verte. Le but des voitures électriques est de réduire les émissions de CO2. En France, la production d’électricité provient essentiellement du nucléaire, il n’y a donc que très peu d’émissions de CO2. Cependant, lorsque nous observons l’Allemagne, la production d’électricité est issue des centrales à charbon. Dans ce cas de figure, l’électricité est issue d’énergie fossile à forte émission de CO2. Il s’agit d’un non-sens qui se réduira sûrement dans le temps. Tout dépendra de la politique interne des pays en question.

En ce qui concerne les voitures à hydrogène, il faudra revoir les stations-services. L’hydrogène étant beaucoup plus instable que l’essence, de nouvelles infrastructures devront voir le jour. Le coût initial sera probablement élevé comme cela à pu être le cas par le passé pour les stations-services traditionnelles. Le grand changement par rapport aux voitures électriques se situe au niveau de la recharge puisque pour les voitures à hydrogène, rien ne changera. Il ne faudra que quelques minutes pour faire le plein. De plus, les stations-services à hydrogène pourront être mises en place par les entreprises actuelles (Total…). Dans ce cas précis, les constructeurs automobiles ne deviendront pas fournisseurs mais resteront fabricants de voitures. Un coût en moins important pour ces entreprises. Le prix de l’hydrogène correspondra sûrement au même coût que l’essence avec les mêmes taxes. Un avantage pour l’état qui pourra transposer facilement son modèle de taxation de l’essence à celui de l’hydrogène. En ce qui concerne l’électricité, il est nettement plus difficile de transposer cette taxe.

Aujourd’hui, nous pouvons voir que les voitures électriques sont moins chères que les voitures à hydrogène et se rapprochent de plus en plus des prix des voitures à essence. Cela s’explique par la courbe d’expérience des voitures. Il faut savoir que plus le temps passe plus une technologie est utilisée et plus son prix diminue. L’hydrogène est encore à l’état de “nouvelle technologie” et c’est pourquoi le prix reste pour le moment très élevé : 75 000€ pour la prochaine voiture Renault à l’hydrogène. D’ici quelques années si l’hydrogène évolue de façon pérenne, il sera possible de voir ce prix divisé par 2.

L’hydrogène à un fort potentiel d’avenir si sa production devient à 100% verte, il s’agira d’une nouvelle révolution. En effet, le pétrole n’aura plus sa place dans le monde automobile. Un gain pour les entreprises et pour les particuliers qui ne seront plus assujettis au cours de bourse du pétrole. Un cours qui varie fortement comme il a été possible de le constater au cours des dernières décennies et notamment depuis les années 60 avec un prix ayant fluctué entre 1$ le baril, à près de 130$ en 2008 pour redescendre aux alentours des 60$ aujourd’hui. L’Europe peut également y voir une opportunité pour se défaire de sa dépendance à cet or noir. (Lire l’article FANDAS : L’instable Or Noir)

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