L’endettement français, quelles solutions ?

Au cours des dernières décennies l’endettement des pays n’a cessé de croître. En décembre 2019, juste avant la crise, l’endettement de l’État français a été évalué à 2 415 milliards d’euros soit 100,4% du PIB. Aujourd’hui avec la crise sanitaire l’endettement a explosé le faisant passer à 115% du PIB soit 2 766 milliards d’euros d’endettement. Cela reviendrait à dire que pour rembourser l’ensemble de la dette française il faudrait que chaque française et français...
Lucas Goislard Lucas Goislard3 mai 20209 min

Au cours des dernières décennies l’endettement des pays n’a cessé de croître. En décembre 2019, juste avant la crise, l’endettement de l’État français a été évalué à 2 415 milliards d’euros soit 100,4% du PIB. Aujourd’hui avec la crise sanitaire l’endettement a explosé le faisant passer à 115% du PIB soit 2 766 milliards d’euros d’endettement. Cela reviendrait à dire que pour rembourser l’ensemble de la dette française il faudrait que chaque française et français verse à l’Etat 41 293€.

Pour résoudre le problème de l’endettement, il est nécessaire d’en connaître les raisons.

 

Un endettement massif

 

De façon générale un pays s’endette de la même façon qu’une entreprise ou qu’un particulier. En effet, chacun s’endette pour répondre à l’un de ses besoins (investir, payer ses charges etc), cela signifie que nous ne disposons pas d’une trésorerie suffisante pour répondre à l’ensemble de ces coûts, c’est pourquoi nous avons recours à différents acteurs (Banques, investisseurs particuliers, etc).

Pour les Etats c’est exactement la même chose, bien que les impôts, les diverses taxes doivent normalement répondre à l’ensemble des besoins, il peut s’avérer que les gains de l’année en cours ne soient suffisant. L’Etat est alors contraint de réaliser un emprunt. Le pays vit alors au-dessus de ses moyens si les dépenses sont structurelles et non conjoncturelles.

De même que pour les entreprises, les états sont évalués, l’objectif est de savoir si le pays qui emprunte est en bonne santé financière et s’il va être capable de rembourser la totalité de son emprunt. Ce système de notation est principalement connu à travers les fameux AAA, AA, … décernés par des agences de notations (les principales sont S&P, Moody’s et Fitch).

Bien que la France soit le 2 ème pays au monde à taxer le plus sa population, cela ne suffit pas à payer l’ensemble de ses charges. Chaque année nous sommes obligés d’emprunter afin de pouvoir être en capacité de répondre à l’ensemble de nos dépenses. A noter, que lorsqu’un emprunt est réalisé, une partie de cette somme sert à rembourser les précédentes échéances des précédents emprunts. Le but dans ce cas est d’emprunter pour payer les emprunts en cours.

Il est important de savoir qu’une dette ne peut être remboursée que par de la trésorerie. Le remboursement d’un emprunt par un emprunt ne fait que retarder la véritable échéance sauf dans le cas où le taux du nouvel emprunt est inférieur à l’ancien. Dans ce cas-là, l’emprunt ne peut toujours pas être remboursé, mais est réduit.

Un pays disposant d’une trésorerie significative reviendrait à dire que le pays a un fort PIB avec un taux de « plein emploi », chômage avoisinant les 5%. Une force non négligeable qui lui permettrait d’investir massivement afin d’asseoir sa force économique et donc se sécuriser.

Pour réduire l’endettement de la France, de nombreuses solutions existent.

 

Quelles peuvent être ces solutions ?

 

La crise sanitaire va avoir un effet négatif et ce probablement sur plusieurs décennies notamment dû à son impact sur l’endettement de notre pays. Quelles peuvent être les solutions pour réduire son impact, nous tentons d’y répondre à travers quatre propositions :

  • Mise en Place des Euro bonds : Il serait intéressant de mettre en place les Euro bonds. Comme traité dans notre article du 12 avril 2020 « Plan de Sauvetage ou Fiasco Européen », les Euro bonds pourraient permettre aux états membres de l’Union Européenne de se faire racheter leurs dettes par la BCE contre des obligations (titres de dette que détiendrait la BCE dans l’économie des pays en question). Le but serait de réduire la dette des pays les plus touchés afin de les assainir financièrement et ainsi les aider à relancer leur économie.

 

  • Mise en place d’une véritable stratégie pour réduire le déficit commercial :  Pour ce faire il serait judicieux de réduire nos importations, relocaliser certaines industries qui ont cruellement fait défaut lors de la crise sanitaire et augmenter par la même occasion nos exportations.

Comment cela pourrait-il se traduire ? Possiblement par une protection de nos entreprises en mettant une taxe spécifique telle une TVA pour certains produits venant de pays divers tels que la Chine. La problématique d’une telle démarche est qu’il est nécessaire d’avoir l’accord de l’ensemble des pays Européens. Quand bien même, si un accord était trouvé il faudrait cibler méticuleusement les produits à taxer notamment les matières premières afin de ne pas pénaliser les constructeurs français. En effet, si cela était mal réalisé cela reviendrait à taxer et rendre moins compétitifs les constructeurs français.

Pour réussir à exporter davantage il serait probablement judicieux de mettre en place une « Task Force » qui viendrait aider les dirigeants d’entreprises à mieux comprendre la culture des pays ciblés. L’objectif est de fournir aux chefs d’entreprises l’ensemble des informations nécessaire à la réussite d’une éventuelle exportation.

Il est également fort possible que l’exportation française ait un second souffle suite aux évènements actuels. Nous savons que l’industrie française et l’agriculture ont été impactées, principalement parce que les prix des produits français sont bien supérieurs aux prix du marché international. Les personnes ne cherchant pas forcément le produit le plus qualitatif mais un produit peu onéreux avec une marge importante pour les revendeurs.

Cependant, il faut savoir que la France est l’un des rare pays dans le monde à produire sous autant de contraintes réglementaires et juridiques. Ces contraintes qui nous ont desservi pendant tant d’années pourraient bien aujourd’hui nous être favorables. En effet, suite à la crise sanitaire, il pourrait y avoir une prise de conscience mondiale, les personnes vont s’en aucun doute être plus sensibles à la qualité des produits (produits respectueux de l’environnement, label BIO etc). Il ne reste plus qu’à savoir dans quelle mesure l’impact pourra être positif. Le « made in » France pourrait bien être une réponse à nos problèmes surtout quand celui-ci est lié au secteur du luxe.

L’objectif est d’augmenter le PIB de la France, en jouant sur ce facteur les français pourraient donc consommer davantage payant ainsi de la TVA. Ces taxes impactant positivement la trésorerie de l’Etat, pourraient donc permettre à celui-ci de rembourser une partie de sa dette.

 

  • L’impossibilité d’ajouter une nouvelle taxe :

Une problématique concernant la France peut se poser. Notre pays ne pourra certainement pas mettre en place une nouvelle taxe pour réduire son endettement. En effet, comme il a été dit précédemment, la France est 2 ème dans le classement des pays taxant le plus sa population. L’une des solutions pourraient être l’inverse, baisser les impôts.  Cela reviendrait à augmenter le pouvoir d’achat des françaises et des français et donc de relancer la consommation. Dans un premier temps, la baisse des impôts pourrait faire revenir sur notre sol, des personnes d’un milieu très aisé et qui s’étaient expatriées. Dans un second temps, il serait possible d’augmenter la TVA en ciblant ces produits. Cela reviendrait à mieux équilibrer les taxes entre les personnes les plus aisés et les moins fortunées, tout en augmentant le PIB. Le but est que le pays dispose davantage de trésorerie pour être en capacité de rembourser sa dette.

 

  • Une arme financière mise à la disposition des Etats membres européens :

En 2013, il a été décidé un accord pour protéger les banques en cas de crise majeure. Cet accord prévoit de renflouer les banques en cas de risque faillite. Si cela venait à arriver, cet accord légalise le fait de renflouer leurs caisses avec l’argent des particuliers. Cette situation est déjà arrivée à Chypre et en temps de crise comme nous sommes en train de le vivre aujourd’hui. Les premières banques impactées par la crise ne seraient cependant pas françaises mais sans doute italiennes à la santé financière plus fragile.

Comme nous avons pu le voir, des solutions pour réduire notre endettement existent, mais celles-ci ne doivent pas être calquées sur des solutions venant d’autres pays tels que l’Allemagne. Notre pays ne disposant plus de sa propre création monétaire, ni même d’une santé financière comparable, nous ne pouvons plus comparer notre stratégie à celle des autres pays. Nous devons donc trouver nos propres solutions.

Quelles seraient pour vous les solutions adéquates ?

Lucas GOISLARD

Sources : LeFigaro, LeMonde, Mediapart, Europarl.europa.eu

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