Le sucre : Le bon filon pour 2020 sur le marché des matières premières

En 2019, l’indice des matières premières a chuté de 8% avec une grande variation de comportement selon les matières premières. La guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine, les tensions au Moyen-Orient et la peste porcine africaine qui s’est abattue sur l’Asie sont les principales causes de cette baisse. D’autre part, la hausse du palladium et la chute du gaz naturel en Asie avaient été prévues, leur ampleur a dépassé toutes les attentes. Pour l’année...
Clément Martinez Clément Martinez23 février 202015 min

En 2019, l’indice des matières premières a chuté de 8% avec une grande variation de comportement selon les matières premières. La guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine, les tensions au Moyen-Orient et la peste porcine africaine qui s’est abattue sur l’Asie sont les principales causes de cette baisse. D’autre part, la hausse du palladium et la chute du gaz naturel en Asie avaient été prévues, leur ampleur a dépassé toutes les attentes.

Pour l’année à venir, la tendance baissière devrait se poursuivre, peut-être de manière moins marquée. Une anticipation (à conditions climatiques, sanitaires et géopolitiques « constantes ») d’une baisse de 2% est envisagée. Néanmoins, en excluant les métaux précieux et le pétrole, le marché global des matières premières devrait progresser de 3%.

fandas.fr/SUCRE1

Pour le pétrole, les prévisions sont plus délicates, mais aucun choc pétrolier n’est à l’horizon. La prévision d’un baril de Brent en moyenne autour de 60 dollars. Ce prix a été relevé de quelques dollars pour prendre en compte les tensions liées à l’élimination du général iranien Soleimani début janvier. Cependant, même en tenant compte des engagements pris par l’Opep et par l’Arabie saoudite, le marché devrait rester excédentaire de quelques centaines de milliers de barils par jour.

Il est important de noter que l’optimisme devrait revenir sur les marchés agricoles, qui pourraient profiter en 2020 d’une légère embellie liée à la demande croissante des pays émergents. Cependant, les cours étant tellement faibles ces dernières années, l’ampleur des rebonds anticipés ne doit pas faire illusion. En effet, pour le soja, la chute de la production américaine (dépassée par le Brésil devenu premier producteur au monde) devrait alimenter la hausse des cours. Enfin, la fièvre porcine africaine risque de modifier les flux de viande au fil des importations chinoises.

Enfin le sucre devait être le grand gagnant, d’autant plus qu’il a touché, l’année dernière, un point bas après de nombreuses années excédentaires. Les autres gagnants, outre les métaux précieux que sont l’or et le palladium, sont le blé, le coton et le cacao.

 

Focus sur le sucre :

 

Pour l’investisseur moyen, être acheteur sur toute autre matière première que l’or peut sembler suicidaire maintenant, le contexte géopolitique additionné à la crise du coronavirus semble avoir affecté presque toutes les matières premières, du pétrole au cuivre en passant par le soja (que la Chine achète en grande quantité).

Néanmoins, le sucre tire son épingle jeu. En effet, le sucre brut sur les contrats à terme de l’Intercontinental Exchange Inc (NYSE : ICE) affiche également un gain de près de 9% sur le mois de janvier 2020. Il s’agit du gain mensuel le plus élevé depuis le gain astronomique d’octobre 2018 de près de 27%. Depuis le mois d’août, le sucre brut progresse chaque mois. Si cela continue en février, ce sera la sixième hausse mensuelle consécutive, la plus longue série depuis près de 15 ans.

fandas.fr/SUCRE

Comparons maintenant le gain de sucre de janvier avec les résultats du pétrole pour le mois. Le brut de référence Brent est sur le point de perdre plus de 12% sur la même période, sa plus forte baisse depuis novembre 2018.

Remarque : il est logique de comparer le sucre au pétrole car l’usage est similaire. En effet, le principal sous-produit commercial du sucre est l’éthanol, le biocarburant mélangé à l’essence ou au pétrole.

Par conséquent, les prix du sucre suivent, en général, ceux du pétrole étant donné leur dépendance à l’essence pour le mélange d’éthanol (qui est obligatoire à 10% aux États-Unis). Mais depuis l’épidémie de coronavirus, le sucre semble désormais suivre son propre rythme, les négociants et les investisseurs se concentrant presque entièrement sur une réduction de l’offre due, notamment, à une faible récolte du Brésil, le principal producteur. D’autre part, Le marché du sucre qui a surfé sur les fortes fluctuations du marché pétrolier ces derniers jours après l’escalade de violences entre les Etats-Unis et l’Iran. Car, rappelons-le, la canne à sucre peut être utilisée à la production de sucre ou d’éthanol, la demande pour ce dernier variant, notamment au Brésil, au gré du prix de son concurrent le pétrole.

Par ailleurs, en Ukraine, la production de sucre blanc a chuté de 19% en 2019, à 1,48 Milliards de tonnes, en raison d’une récolte plus petite de betteraves. Les raffineries ont transformé 9,84 Milliards de tonnes de betteraves, soit environ un tiers de moins que l’année précédente.

Enfin, les rapports ne sont pas plus optimistes concernant l’Inde, un des premiers producteurs mondiaux de canne à sucre. La Thaïlande, quatrième producteur mondial de canne à sucre, pourrait également en avoir moins cette année en raison de la réduction des surfaces plantées et des pluies erratiques pendant la mousson.

Vous avez maintenant toutes les informations pour investir en 2020 !

Clément MARTINEZ

Sources : Investing.com, Les Echos, Cyclope

Pour nous soutenir : HelloAsso Fandas.

One comment

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    Alves de Melo

    26 février 2020 at 14 h 23 min

    Superbe article, pertinent, bien construit et suffisamment imagé ! Bravo !
    Continuez comme ça !

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