fandas.fr/GovTechSolutions d’adaptative-learning pour les salles de classe, modèles d’intelligence artificielle permettant l’adaptation de l’offre de soins médicaux, formation en réalité virtuelle pour entraîner les forces armées, outils de gestion intelligente des flux de personnes dans les villes. Nombreuses sont les innovations en lien avec le secteur public et notamment celles œuvrant pour l’intérêt général et le bien commun. 

Au cœur de ces notions, les acteurs publics communiquent de plus en plus pour présenter leurs innovations phares en matière de GovTech (GOVernment + TECHnology) :

Ministère des armées, DGSE, Délégation à la Sécurité Routière (DSR), collectivités (région Bourgogne Franche Comté, région Centre-Val de Loire, région Grand Est, région Île-de-France…), opérateurs publics (Pôle Emploi, Agence du Numérique, …), etc.

Une transformation digitale du secteur public en pleine croissance

L’Etat comme les collectivités territoriales sont entrés de plain-pied dans cette révolution du numérique et de l’innovation, qui pourrait impacter plus de 70% des effectifs du public. Aujourd’hui, les acteurs publics modifient leurs outils et leurs méthodes d’élaboration des politiques publiques en s’inspirant du monde de la Tech et des start-ups. Cela dans le but, d’opérer leur transformation numérique. Ainsi, sont par exemple apparus des laboratoires d’innovation publique, des startups d’Etat, ainsi que de nouvelles méthodes de design des politiques publiques.

Au-delà de ces différentes réalisations menées en interne, la transformation du secteur public est aussi fortement impulsée par un écosystème externe aujourd’hui en pleine croissance : celui des startups de la GovTech. Mis sur le devant de la scène lors du premier Sommet des GovTech organisé à Paris en novembre 2018, celui-ci regroupe plusieurs catégories de startups : celles qui concourent directement à la transformation de l’action publique, les startups fournissant des technologies pour le secteur public et, enfin, celles qui contribuent plus largement à des missions d’intérêt général, sans nécessairement interagir avec le secteur public. La politique d’ouverture des données de l’Etat et des collectivités, mise en œuvre depuis 2013, joue à ce titre un rôle majeur dans l’accélération des nouveaux services publics numériques. A l’image des différents secteurs que recouvre l’action publique, les startups de la GovTech réinventent les services publics numériques dans de nombreux domaines : jeunesse, éducation, formation professionnelle, défense, sécurité, santé, solidarité, culture, tourisme, environnement, agriculture, mobilité, territoire intelligent, parcours usagers, consultation citoyenne, …

Etat des lieux et cartographie des domaines d’applications :

Le domaine le plus investi par les start-ups GovTech est celui du territoire intelligent, à la fois sur les enjeux environementaux ; infrastructures/ logement ou encore mobilité. D’abord, à l’heure où les projets et stratégies « smart-cities » se multiplient, les start-ups telles qu’AquasysGreenSysTech, SunChain ou Pilot Things apportent à l’Etat et aux collectivités des solutions de gestion et d’optimisation de l’eau, de l’énergie ou des déchets grâce à la donnée concernant chaque citoyen.

D’autre part, la Tech est un levier fondamental en matière d’infrastructures et de logements : de nombreuses startups s’appuient sur la data pour aider les collectivités à anticiper et à simuler leurs plans d’actions (1001 rues, IoTThink Solutions). Enfin, les enjeux de mobilité sont un sujet phare : plusieurs startups visent à encourager les modes de transport alternatifs (Geovelo, Zoov, Velco, WeTrott’), d’autres proposent des solutions de gestion intelligente des flux de personnes, appliquées aux marchés des transports et des villes (Webreathe).

S’agissant du numérique, les attentes des Français sont fortes en matière de santé : les start-ups GovTech l’ont bien compris. La santé est ainsi logiquement, un des secteurs majeurs en développement. Les start-ups concernées développent principalement des solutions basées sur l’intelligence artificielle à disposition des acteurs de la santé pour faciliter et améliorer les soins médicaux :

Deski et Incepto pour l’imagerie médicale, Therapanacea pour le traitement du cancer par radiothérapie, Anamnèse pour la consultation médicale notamment. L’intelligence artificielle se place même au cœur de la stratégie territoriale d’offre de soins médicaux avec des solutions d’aide à la décision à destination des collectivités territoriales. Yuni, par exemple, propose une analyse croisée des données pour identifier et anticiper les problématiques sanitaires d’un territoire et mieux répondre aux besoins des patients.

En matière de solidarité, les start-ups GovTech se caractérisent par la diversité de leurs publics cibles. De nombreuses innovations sont destinées à des personnes en situation de handicap. Par exemple, Virtuoz by Feelobject, propose un plan tactile et interactif permettant aux personnes malvoyantes de se déplacer en autonomie. Il existe aussi Faciligo, un réseau social qui facilite la mobilité pour tous par la mise en relation de personnes à mobilité réduite avec des voyageurs soucieux de prêter main forte. Plusieurs solutions s’adressent également aux seniors avec des plateformes d’échanges, de lien social et d’inclusion (Senior Senior) ainsi que des innovations permettant le maintien à domicile des personnes (Nodeus, Click & Care, Lilismart). Enfin, certaines startups ont présenté leurs solutions visant à faciliter l’accès au numérique (Konexio, Les Descodeuses).

Par ailleurs, identifiés comme les domaines qui pourraient le plus bénéficier de l’apport du numérique par les Français, l’éducation, la jeunesse et la formation professionnelle étaient également largement investis par les start-ups GovTech. Alors que certaines revisitent les supports de formation, avec des contenus pédagogiques enrichis et personnalisés grâce à la réalité augmentée (Foxar), d’autres souhaitent rendre plus accessible le soutien scolaire avec l’intelligence artificielle (Yokimi), faciliter les relations entre élèves, parents et professeurs (Prof en poche) ou encore renouveler l’orientation scolaire (Pixis).

De plus, quelques startups GovTech orientées Défense & Sécurité ont présenté récemment d’intéressantes innovations. Dans un contexte sécuritaire tendu, certaines développent notamment le traitement intelligent des flux vidéo ou d’autres solutions innovantes fondées sur l’IoT ou « l’internet des objets » (AquilaeHeropolisGeoideXXII Group). Ces solutions visent à renforcer les capacités en matière de maintien de l’ordre public, de lutte et de prévention contre le terrorisme, de contrôle au frontière et d’optimisation des flux de personnes et sont d’autant plus pertinentes à l’approche des grands événements à venir comme les JO 2024. (Retrouvez notamment un article FANDAS sur ce sujet).

Enfin, du côté des CivicTech (spécialisée dans le devoir civique), on peut citer la startup Voxcracy, qui propose une solution digitale de concertation citoyenne basée sur la technologie blockchain. S’agissant de l’amélioration du parcours usagers, les solutions proposées par SweepinAffluences et Toutes mes aides permettent une plus grande personnalisation des services publics, facilitant ainsi plus largement l’accès aux services publics.

Quels enjeux pour le monde de demain ?

Loin d’être étrangère aux problématiques d’intérêt général, la « Tech » entre ainsi de plus en plus dans le champ de l’action publique en mettant, avec les GovTech et CiviTech, les nouvelles technologies au service du citoyen. Ce marché européen en plein essor offre d’importantes opportunités pour répondre aux grands défis actuels de simplification et d’accessibilité de l’action publique dans chacune de ses déclinaisons sectorielles qui doivent définitivement être saisies. Néanmoins, il est légitime de s’interroger sur les impacts sur le monde de demain.

Au fond, les gouvernements européens sont confrontés aux mêmes grands défis : les citoyens se sentent exclus du système et des processus de décision collective ; les administrations sont soumises à des pressions budgétaires constantes, qui les obligent à faire mieux avec moins ; la sphère publique peine à tirer parti des opportunités offertes par le numérique.

La population, elle, a vu ses habitudes radicalement transformées par les services en ligne, ergonomiques, simples, accessibles en quelques clics depuis un téléphone portable. Sans adaptation à ces nouveaux usages, la défiance continuera de grandir envers un État dont les prestations ne correspondent plus aux attentes des citoyens. Le renouvellement démocratique passe aussi par la prestation de service et dans ce domaine, le numérique change tout.

fandas.fr/GovTech

Améliorer les services publics en partant des usages et mieux impliquer les citoyens dans le déploiement de l’action publique : voilà les deux chantiers ouverts par la GovTech. Elle implique une approche collaborative, rassemblant une pluralité d’acteurs aux compétences variées ; elle porte une vision européenne, innovante et profondément démocratique, de construction de l’action publique. Nos sociétés démocratiques à bout de souffle crient l’urgence de se réinventer ; des citoyens de tous horizons, entrepreneurs pour le secteur public, portent les graines d’une transformation qui ne demande qu’à éclore.

  Clément MARTINEZ. Tous droits réservés.


Sources : 

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