La naissance d’un groupe…

FIAT (Fabbrica Italiana Automobili Torino) est un constructeur automobile Italien. Cette entreprise a été fondée par Giovanni AGNELLI en juillet 1899 à Turin. C’est aujourd’hui un groupe important avec une capitalisation boursière de 22,7 milliards d’euros. Par ailleurs FIAT est détenue à 29% par la famille historique AGNELLI.

Ce constructeur a racheté Chrysler en 2014, un autre constructeur automobile Américain. Ce rachat l’intègre au groupe appelé plus communément FCA (Fiat Chrysler Automobiles), qui regroupent au total 18 constructeurs. En voici la liste exhaustive :

  • Fiat
  • Alfa Romeo
  • Maserati
  • Lancia
  • Abarth
  • Chrysler
  • Dodge
  • Jeep
  • Fiat Professional
  • Ram Trucks
  • Srt
  • Mopar
  • Vm Motory
  • Teksid
  • Magneti-Marelli
  • Comau
  • Itedi
  • Zastava

Le chiffre d’affaires du groupe FCA en 2018 en fonction des régions dans le monde

C’est en Amérique du Nord que le groupe réalise la part la plus importante de son chiffre d’affaires. En effet, dans cette zone, le chiffre d’affaires est de 72,4 milliards de dollars. Cela représente une véritable progression de 14% par rapport à l’an passé puisqu’il s’élevait à 62,26 milliards de dollars. Ceci est principalement dû à l’augmentation des ventes couplée à une croissance simultanée des parts de marché et de leur marge.

La seconde région économique la plus importante du groupe est EMEA (Europe, Afrique du Nord, Moyen-Orient). Le chiffre d’affaires a atteint 22,8 milliards d’euros. Toutefois lorsque l’on compare avec l’an passé, aucune progression n’est constatée. Une augmentation des livraisons de Jeep de 49% contrebalance néanmoins une baisse des ventes de Fiat de 10%.

La troisième région économique en valeur est la zone LATAM (Sud de l’Amérique). Son chiffre d’affaires est de 8.2 milliards de dollars. Il y a une légère progression puisqu’il était de 8 milliards en 2017. Ceci s’explique par une hausse des ventes et une augmentation des parts de marché. De plus, Jeep est actuellement le leader des SUV au Brésil. Cependant une légère baisse de 6% a été constatée sur le marché Argentin.

Enfin, la dernière est la zone APAC (Asie – Pacifique). Son chiffre d’affaires est de 2.7 milliards de dollars mais enregistre une baisse de 13% par rapport à l’an passé. Cela est en partie du au fait que le marché des SUV a fortement baissé en volume. La production locale étant exclusive pour le constructeur Jeep, une diminution des ventes entraine inévitablement une perte de chiffre d’affaires.

La véritable difficulté pour les constructeurs automobiles n’est pas seulement de faire face aux concurrents mais de respecter toutes les normes qui sont entrain d’être mises en place.

Ces normes voient principalement le jour dans la zone EMEA via la Commission Européenne.

La Commission Européenne durcit les réglementations de l’industrie automobile freinant par la même occasion l’avancée des constructeurs 

Il faut savoir que la Commission Européenne a voté en 2018 une loi visant à réduire les émissions de dioxyde de carbone des véhicules. En 2021 les constructeurs seront obligés (en ce qui concerne les voitures neuves) de ne pas dépasser 0,95 g de CO2 par km.

En cas de dépassement, la règlementation prévoit une amende de 95€ par gramme de CO2 au-delà de la norme et par véhicule.

Au cours des années, bon nombre de constructeurs ont été attaqués en justice pour avoir truqué leurs comptes rendus d’émissions polluantes. Celle qui nous a le plus marqué est l’affaire du Dieselgate avec Volkswagen. L’amende s’est élevée à plus d’1 milliards d’euros. Cette amende n’est néanmoins pas ce qui a coûté le plus cher au groupe. Au total Volkswagen a perdu, avec les procédures judiciaires et rappel de véhicule, pas moins de 25 milliards de dollars.

Concernant FCA, qui a également truqué ses rapports d’émissions polluantes, l’amende fixée par l’état américain est de 515 millions de dollars. Cette somme va surement augmenter, que ce soit pour Volkswagen, mais également pour Fiat, afin de dédommager les investisseurs ayant été trompés.

Une projection vient d’être réalisée pour connaître le montant des amendes si cette réglementation de 0,95g de CO2 par km devait être appliquée aujourd’hui. Les résultats seraient les suivants :

Le groupe Fiat devrait payer une amende de 3,24 milliards d’euros et le groupe Volkswagen une amende de 9 milliards.  Quant au groupe PSA celle-ci s’élèverait à 5,4 milliards d’euros.

Cette forte hausse d’empreinte carbone au niveau des constructeurs est également due au fait que le diesel n’étant plus viable, les constructeurs se sont tournés vers les voitures à essence marquant d’avantage cette empreinte.

Bien que Fiat soit l’entreprise qui devrait payer le moins d’amende c’est la seule ne disposant d’aucun véhicule électrique. C’est seulement en 2020 que leurs premiers véhicules électriques feront leurs apparitions sur le marché. La réglementation sera quant à elle, appliquée en 2021. FCA n’aura donc pas le temps de produire suffisamment de voiture électrique pour réduire son taux d’empreinte carbonne. Elle n’aura d’autre choix que de payer cette amende. 

Cependant FCA a une véritable volonté de réduire de façon artificielle son empreinte carbone. Le groupe n’hésite pas à explorer toutes les pistes pouvant l’empêcher de payer une telle somme.

Une sanction que FCA réussit à contourner d’une façon légale

Ce constructeur a donc trouvé, comme alternative, le moyen d’acheter directement des points bonus à ses concurrents tel que Tesla. Cette méthode permet ainsi au groupe de respecter les normes prévues en 2021, en ne payant que quelques centaines de millions d’euros au lieu de payer plusieurs milliards d’euros d’amende.

Une pratique qui peut être moralement répréhensible mais juridiquement viable. Tesla a ainsi gagné en 2018, via ces pratiques, 103 millions de dollars. Une entrée d’argent non négligeable pour l’entreprise en question.

Cependant cela ne va pas pouvoir durer longtemps puisque les normes devraient s’accentuer très rapidement.

Une norme en constante évolution

La Commission Européenne ne compte pas s’arrêter là. En effet, en 2030, le comité compte réduire le taux légal d’émission d’empreinte carbone de 0,95g à 0,59 g de CO2 par km. A ce niveau-là même un accord avec Tesla ne sera pas suffisant.

Un investissement conséquent est donc nécessaire pour produire suffisamment de voiture électrique et ainsi réduire l’empreinte carbone de FCA. L’objectif est de tendre vers un taux de 0,59 g de CO2 par km. Comme expliqué précédemment, l’amende sera de 3,24 milliards d’euros si l’entreprise ne respecte pas ce taux de 0,95 g de CO2 par km. On ne peut donc qu’imaginer le montant de l’amende pour le non-respect du taux à 0,59g de CO2 par km.

Un futur que la famille Agnelli ne connaîtra sans doute jamais au vue de sa volonté de vendre ses parts.

Un rachat de FCA semble donc inévitable

Aujourd’hui, FCA serait en proie à un rachat de la part de Peugeot (groupe PSA) mais également de Renault faisant partie de l’alliance entre Nissan et Mitsubishi.

Peugeot est le premier à avoir ouvert les négociations et se trouvent être bien avancées dans les phases de négociations discutant déjà de la stratégie opérationnelle du groupe. Il est important de savoir que le groupe PSA est principalement présent dans 6 régions stratégiques pour le groupe. Ces régions sont les suivantes :

  • Chine et Asie du Sud Est
  • Eurasie
  • Amérique latine
  • Europe
  • Inde – Pacifique
  • Moyen – Orient et Afrique

Comme on a pu le voir précédemment FCA est fortement implanté en Amérique du Nord. Cela peut permettre au groupe PSA de s’étendre plus facilement dans des régions dans lesquelles ils sont pour le moment peu présents. Cet achat peut également permettre à PSA de consolider ses positions notamment en Europe mais également en Amérique du Sud. L’objectif est bien entendu d’être en position de force pour lutter plus facilement contre ses concurrents tel que Renault.

Ce dernier est peu engagé dans les négociations, il est plutôt question de prendre connaissance des dossiers traités afin de se faire une idée plus précise de son concurrent Peugeot. L’information étant la clef dans la stratégie d’entreprise il est important de prendre connaissance des actions de ses concurrents.

La famille AGNELLI représente actuellement 29% du capital de FCA et désire vendre toute ses participations. Cette famille historique souhaiterait que cela se fasse par une acquisition à travers une OPA (offre publique d’achat) et non une OPE (offre publique d’échange). L’OPA consiste à acheter comptant les actions de la famille en question.  L’OPE consiste à échanger des actions FCA contre des actions de l’entreprise réalisant l’opération, dans ce cas Peugeot ou Renault.

Cependant une troisième possibilité peut-être envisagée. Il s’agit d’une offre mixte, qui comme son nom l’indique, consiste à proposer de séparer l’acquisition selon deux modes de rachat : une partie des actions en cash, et l’autre partie en échange d’actions.

Cette troisième solution pourrait représenter l’avantage pour l’acquéreur d’avoir une sortie de cash moins importante et d’en conserver pour d’éventuelles opportunités futures. Cela se décide toutefois à la suite des calculs déterminant si l’échange d’actions peut incarner un avantage ou un inconvénient financier ou stratégique pour l’acquéreur. 

Lucas GOISLARD. Tous droits réservés.


Sources :

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