Envolée des matières premières : Décryptage et investissement

Le cours de matières premières s’envole. Décryptage de cet reprise en fanfare : Le cours du cuivre, le « docteur copper », véritable baromètre de l’économie mondiale a battu cette semaine un record vieux de dix ans, porté par la forte demande chinoise et la mauvaise forme du dollar. Le cours du métal rouge, a brièvement dépassé jeudi le seuil des 10000 dollars la tonne sur le London Metal Exchange (LME), à quelques encablures de son record...
Clément Martinez2 mai 20217 min

Le cours de matières premières s’envole. Décryptage de cet reprise en fanfare : Le cours du cuivre, le « docteur copper », véritable baromètre de l’économie mondiale a battu cette semaine un record vieux de dix ans, porté par la forte demande chinoise et la mauvaise forme du dollar.

Le cours du métal rouge, a brièvement dépassé jeudi le seuil des 10000 dollars la tonne sur le London Metal Exchange (LME), à quelques encablures de son record historique atteint le 15 février 2011, à 10190 dollars. Les analystes pointaient la faiblesse du billet vert, ce mois-ci, propre à encourager les achats de métaux libellés en devise américaine pour les investisseurs munis d’autres devises.

Les craintes pesant sur l’offre portaient également sur le prix du cuivre, des mouvements de protestation au Chili (premier producteur mondial) ayant perturbé l’activité des ports de San Antonio et d’Iquique, près desquels se trouvent les grandes mines. L’étain n’était pas en reste, au regard de la flambée des prix de ce mois-ci dû, en grande partie à des achats spéculatifs sur un petit marché.

Sur le LME, la tonne de cuivre pour livraison dans trois mois s’échangeait à 9.868,50 dollars vendredi à 14h30 GMT (16h30 à Paris), contre 9551,50 dollars le vendredi précédent à la clôture. L’étain valait 28945 dollars la tonne, après avoir touché vendredi 29225 dollars, un prix plus vu depuis mai 2011.

 

Le palladium au plus haut

 

Du côté des métaux précieux, le même entrain a porté le palladium, dont l’utilisation principale est l’industrie automobile, vers un nouveau plus haut historique, à 3010,63 dollars l’once vendredi. Des risques sur la demande pèsent, mais le palladium profite surtout de l’enthousiasme du reste du marché des métaux industriels. L’once de palladium s’échangeait pour 2992,26 dollars vers 14h30 GMT, contre 2859,97 dollars la semaine précédente.

L’or, en revanche, est resté stable sur la semaine et est remonté en avril, après avoir souffert au premier trimestre de son statut de valeur refuge alors que les investisseurs engloutissent les actifs à risque. Selon le Conseil mondial de l’or, les investisseurs professionnels en ETF (produits financiers cotés indexés sur le métal jaune) ont liquidé l’équivalent de 177,9 tonnes d’or au premier trimestre.

Il y a des forces contradictoires qui jouent sur l’or, entre crainte d’une reprise de l’inflation qui devrait lui profiter et appétit pour le risque des marchés. Les prochaines semaines pourraient être volatiles. L’once d’or coûtait dans le même temps 1769,55 dollars, contre 1777,20 dollars à la fin de la semaine précédente.

 

L’horizon du pétrole est un peu sombre

 

Depuis quelques semaines, les investisseurs sortent le champagne. Les perspectives de sortie de crise se concrétisent. Le FMI vient de rehausser ses estimations : les États-Unis devraient connaître une hausse de leur PIB de 6,4 % en 2021, soit la plus importante depuis une quarantaine d’années. De leur côté, la Chine pourrait atteindre, toujours selon le FMI, 8,4 %, et l’Inde 12,5 % (un chiffre а pondérer selon les conséquences de la pandémie). La reprise économique est importante, et c’est positif pour de nombreuses matières premières.

Le pétrole fait partie de la fête, au moins а court et moyen terme. Si l’Opep a décidé, ce 21 avril, de ne pas toucher а son volume de production, elle maintient la perspective d’ouvrir les robinets а partir de mai. Certaines estimations évaluent la production а 99,7 millions de barils а la fin de l’année, contre 92,3 en janvier. Goldman Sachs prévoit d’ailleurs un baril а 80 dollars а court terme, contre une soixantaine aujourd’hui. Lа encore, cette tendance, qui s’explique par la hausse de la demande, est а prendre avec des pincettes : l’Inde, troisième importateur d’or noir au monde, pourrait réviser sa croissance а cause de la flambée actuelle de l’épidémie.

 

Café et sucre au sommet 

 

Les cours du sucre et du café ont flambé cette semaine, les contrats les plus échangés à New York retrouvant même des prix plus vus depuis le premier trimestre 2017. Outre l’effet d’aubaine provoqué par la faiblesse du dollar, les observateurs de marché avançaient les conditions climatiques très sèches au Brésil, premier exportateur mondial de sucre et premier producteur mondial de café.

La saison ne fait que commencer, mais les conditions sèches persistantes (le mois d’avril a également été exceptionnellement sec) rendent les perspectives de plus en plus sombres pour l’offre de sucre. C’est également le cas dans l’Union européenne, où l’épisode de gel a particulièrement touché la France. Pour le café, les conditions de production ailleurs en Amérique latine sont mitigées. Le café parvenait à maintenir son avance en fin de semaine tandis que le sucre voyait ses gains fondre.

Sur le Liffe de Londres, la tonne de robusta pour livraison en juillet valait 1466 dollars vendredi à 14h25 GMT (16H25 à Paris), contre 1416 dollars le vendredi précédent à la clôture. Sur l’ICE Futures US de New York, la livre d’arabica pour livraison au même mois valait 143,30 cents, contre 138,50 cents sept jours auparavant, après avoir culminé mercredi à 147,65 cents. À Londres, la tonne de sucre blanc pour livraison en août valait 445,30 dollars vers 14h25 GMT (16h25 à Paris), contre 461,20 dollars le vendredi précédent à la clôture. À New York, la livre de sucre brut pour livraison en juillet valait 16,72 cents, contre 16,88 cents sept jours auparavant, après avoir atteint mardi 17,79 cents.

 

Trois ETF pour investir sur l’inflation des matières premières agricoles

 

Les matières premières agricoles ont le vent en poupe en ce moment. En particulier les « soft commodities » telles que le maïs, le blé et le soja qui ont vu leur cours grimper de respectivement de 35%, 15% et 50% depuis le 1er janvier au Chicago Board of Trade. Il faut bien avouer que l’anticipation sur la reprise économique attendue comme historique depuis la découverte des vaccins en novembre apporte de l’eau au moulin. Les craintes d’inflation en ce début d’année sont venues alimenter la hausse. Voici trois produits qui constituent des outils de réplication possibles :

  • WisdomTree Agriculture (AIGA) : un panier de matières premières agricoles en dollars (existe en version couverte en euros). Il ne s’agit pas d’un ETF mais d’un ETC qui suit le « Bloomberg Agriculture SubIndex », un indice composé de contrats à terme sur le café, le maïs, le coton, le soja, l’huile de soja, la farine de soja, le sucre et le blé.
  • iShares Agribusiness UCITS ETF (SPAG) : plus classique, cet ETF suit un panier d’actions exposées à la thématique agricole, dans des secteurs assez variés. Sa composition fait la part belle aux valeurs nord-américaines (60% du portefeuille), avec en fers de lance Deere, Corteva, Archer-Daniels et Nutrien, qui pèsent ensemble 33% du portefeuille. Les fabricants de machines-outils japonais ne sont pas oubliés (Kubota), ni des acteurs de la production ou de la transformation d’aliments (Mowi, Südzucker, Associated British Foods, Barry Callebaut) ou des fournisseurs d’engrais (Yara). En tout, 72 positions pour cet ETF à réplication physique, qui a gagné 18,1% cette année.
  • Lyxor Commodities Refinitiv EX-Energy (CRN) : cet ETF, plus généraliste que ses deux aînés, est adossé à l’indice « Refinitiv/CoreCommodity CRB Non-Energy TR » qui suit les principales matières agricoles (Maïs à 10,52%, Soja à 10,15%, Bétail à 8,84%, Sucre à 8,54%) mais aussi aux métaux de base (Cuivre à 10,04%, Aluminium à 9,78%) et précieux (Or à 9,54%). Il permet d’hedger son risque avec des commodités de tous les horizons, parfois faiblement corrélées entre elles.

Clément MARTINEZ

Sources : LePoint, ZoneBourse, Terre-net.fr

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