fandas.fr/CHINELe conflit commercial et monétaire, la situation financière et les manifestations à Hong Kong affaiblissent la Chine sur le plan économique. Sur fond d’un ralentissement de la croissance chinoise, le pouvoir en place est confronté à trois défis.

Un accord tarifaire : maintenant ou en 2021 ?

Le caractère hectique, pour ne pas dire irrationnel, des demandes de la Maison Blanche a rendu difficile l’établissement d’une plate-forme de négociation. Au fur et à mesure des colères propre à Trump, des suppléments de tarifs avancés puis retirés, et des coups de gueule par tweet interposé rendent tout accord de fond presqu’impossible.

Du côté chinois, on ne cherche plus un accord qui sera remis en question à chaque tournant. Il s’agit plutôt de fatiguer le poisson, en faisant semblant de négocier tout en espérant secrètement que, désespéré avant les élections, Donald Trump capitulera en rase campagne ou mieux, attendre les élections et la prochaine administration qui, quelle qu’elle soit, devrait être plus rationnelle.

Le conflit monétaire est déstabilisant pout tous

En annonçant qu’elle ne défendrait plus le plancher de 7 Renminbis par dollar, la People’s Bank of China a combiné une action devenue nécessaire avec la provocation qui a rendu l’équation plus complexe. Mais ce sont les Etats-Unis qui ont déclaré la guerre, sans réfléchir.

Affaiblir la devise chinoise a pour effet de compenser les effets des tarifs en rendant les exportations moins chères. Certains que le but était de jouer la monnaie contre le commerce, la Maison Blanche a vu rouge.

Il y avait erreur sur le coupable : en imposant des tarifs sur les importations chinoises aux Etats-Unis, ces derniers ont évidemment affaibli la position internationale de la Chine et sa balance commerciale. De manière logique, cette action devait affaiblir le RMB. Ne plus maintenir le plancher de la devise était donc parfaitement légitime.

Mais ouvrir un nouveau front au conflit n’inquiète pas seulement les Chinois. La position du dollar constitue pour les exportateurs américains un obstacle qui les force à réduire leurs prix.

Hong Kong

Après le commerce international et la guerre monétaire, l’ouverture d’un front politique et idéologique ne facilite pas le consensus au sein du State Council qui n’est pas dépourvu d’opinions diverses, même si elles ne transpirent pas en public.

C’est d’autant plus problématique que la loi permettant de mettre les citoyens de Hong Kong dans des geôles chinoises n’émane pas de Beijing qui n’avait pas envie d’un conflit supplémentaire.

Nous ne saurons probablement jamais de qui a poussé à résister au retrait pur et simple de cette législation, mais des mois de confrontation pacifique et violente ont fait évoluer les revendications au-delà de ce retrait. C’est la relation entre Beijing et Hong Kong qui émerge à nouveau avec une démographie mouvante ? Une concession à Hong Kong, où de plus en plus de jeunes citoyens chinois cherchent à fuir le joug du pouvoir, risquerait de faire immédiatement tache d’huile à Taiwan, et finalement sur le continent chinois.

Ici l’ennemi est le Parti Communiste et son idéologie.

La situation financière : une dette galopante

Cet étau dont on voit mal la sortie se déroule sur un fonds de détérioration des finances publiques chinoises. La banque centrale chinoise a vu ses actifs presque quadrupler. Qui plus est ses actifs en devises étrangères diminuent en termes relatifs tandis que les prêts à l’économie pour la stimuler augmentent. Ce n’est pas aussi grave que la Federal Reserve, la Banque Centrale Européenne et la Bank of Japan, mais c’est une évolution récente et rapide.

Confrontée à une baisse importante de sa croissance, la Chine se trouve au pied du mur : qui embrasse trop mal étreint. Entre la route de la soie, les prêts et les dons en Asie et en Afrique, la hausse de ses dépenses et la fragilisation du secteur financier, elle ne sait plus à quel Saint se vouer.

La banque centrale continue à injecter des liquidités pour faire face aux conséquences de l’échec des négociations tarifaires.

Est-ce pour autant catastrophique ? Avec des importations représentant plus de 3 trillions de dollars soit 15% de son PIB, les Etats-Unis sont beaucoup moins vulnérables que les sursauts de Wall Street pourraient le faire croire. Il est sidérant de voir que les actions américaines montent et descendent en réponse aux vagissements de Donal Trump.

La situation mérite d’être suivie de près, mais elle ne devrait pas être un déclencheur puisque le RMB n’est pas une devise convertible et l’impact mondial restera limitée.

La situation mérite d’être suivie de près, mais elle ne devrait pas être un déclencher puisque le RMB n’est pas une devise convertible et l’impact mondial restera limite.

D’ores et déjà, les signes avant-coureurs de craquements dans le crédit des émetteurs privés et les cas de défaut de paiement d’obligations se multiplient pour approcher 2 milliards de dollars.

Clément MARTINEZ.


Sources : 

 

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