BlackCycle : une économie circulaire Européenne pour recycler les pneus usagés

Coordonné par Michelin et fort de 13 partenaires, le projet BlackCycle vise à mettre en place une immense économie circulaire permettant de produire de nouveaux pneus à partir de pneus usagés. Il bénéficie d’un budget de 16 millions d’euros. Le projet BlackCycle, coordonné par Michelin, réunit sept partenaires industriels, cinq organismes de recherche et de technologie (RTO) et un pôle d’innovation au sein d’un consortium européen implanté dans cinq pays (France : Michelin, Aliapur, Axelera, Ineris – Allemagne...
Clément Martinez Clément Martinez26 septembre 20205 min

Coordonné par Michelin et fort de 13 partenaires, le projet BlackCycle vise à mettre en place une immense économie circulaire permettant de produire de nouveaux pneus à partir de pneus usagés. Il bénéficie d’un budget de 16 millions d’euros.

Le projet BlackCycle, coordonné par Michelin, réunit sept partenaires industriels, cinq organismes de recherche et de technologie (RTO) et un pôle d’innovation au sein d’un consortium européen implanté dans cinq pays (France : Michelin, Aliapur, Axelera, Ineris – Allemagne : Orion Engineered Carbons, Pyrum Innovations, Estato Umweltservice GmbH – Grèce : Chemical Process & Energy Resources Institute – Espagne : CSIC, Sisener Ingenieros, Hera Holding, Fundacion Icamcyl – Suisse : Quantis International). Ce projet vise à mettre en place une économie circulaire concernant les pneus, en concevant l’un des premiers procédés de production de nouveaux pneus à partir de pneus usagés.

Officiellement financé par l’Union Européenne, le projet BlackCycle vient d’être lancé. Il implique 13 organismes au sein d’un partenariat public-privé européen unique en son genre, qui fera la démonstration de la viabilité technique, environnementale et économique des premiers procédés circulaires au monde.

Le consortium mettra au point des solutions spécifiques pour produire des matières premières durables destinées aux pneumatiques : collecte des pneus usagés et sélection de la matière première, optimisation de la pyrolyse (le procédé de pyrolyse sert à dépolymériser les produits organiques et à obtenir de nouvelles matières premières pour d’autres procédés), raffinage et valorisation de l’huile, optimisation des procédés de four et évaluation des performances des pneumatiques durables créés.

L’objectif du projet est qu’à horizon cinq ou six ans, près d’un pneumatique usagé sur deux en Europe soit incorporé dans ce cercle vertueux, afin que Blackcycle soit le seul projet de cette ampleur, tous secteurs industriels confondus, en matière de valorisation de produits en fin de vie.

Financé par le programme Horizon 2020, BlackCycle bénéfice d’un budget global avoisinant 16 millions d’euros et d’un financement européen d’environ 12 millions d’euros (75% des coûts du projet). Près de 35% du financement du projet sont alloués à des PME et 15% à des organismes de recherche et technologie (RTO) ; 34% correspondent aux frais de personnel. Le consortium est basé dans cinq pays européens (France, Espagne, Allemagne, Grèce et Suisse) et comprend sept partenaires industriels, 5 organismes de recherche et technologie (RTO) et un pôle d’innovation. Coordonné par Michelin, il dispose d’un système de gouvernance efficace impliquant un comité directeur, une commission des synergies du pôle et un comité de soutien technique.

 

Une économie circulaire des pneumatiques Européenne

 

Chaque année, 1,6 milliard de nouveaux pneus sont vendus dans le monde, ce qui représente plus de 26 millions de tonnes. La même quantité entre chaque année dans la catégorie des pneus usagés, offrant un grand potentiel de valorisation de matière, qui n’est que partiellement exploité. Les procédés actuels de traitement des pneus usagés ne sont pas circulaires et ne produisent peu de matière première réutilisable dans l’industrie du pneumatique.

Le projet BlackCycle vise à créer, mettre au point et optimiser une filière complète allant des pneus usagés jusqu’aux matières premières secondaires (MPS), sans gaspiller les ressources à aucune étape et en portant une attention particulière à l’impact environnemental. Ces MPS serviront à développer de nouvelles gammes de pneumatiques pour les camions et les véhicules de tourisme, qui seront commercialisées en Europe et dans le monde.

Par conséquent, la filière BlackCycle aura une empreinte carbone plus faible, puisque elle utilise moins de ressources fossiles par kg de pneu usagé (0,89 kg en moins). En offrant une alternative viable sur le plan économique et environnemental, BlackCycle réduira l’exportation des pneumatiques en fin de vie. La relocalisation de la gestion des pneus usagés et de leur transformation au sein de l’UE devrait créer des emplois durables dans l’Union européenne.

 

Quels regards avoir sur cette initiative ?

 

C’est avec un grand nom digne des plus grands blockbusters Américains, une communication chiadée et un marketing bien léché que ce projet global Européen (enfin ?) est lancé.

Avant toute chose il convient de saluer cette initiative louable et nécessaire dans un secteur plus que polluant. Néanmoins, quelques questions restent en suspens :

– En théorie et d’un point de vue éthique, ne devrait-on pas dans l’élaboration d’un produit, anticiper sa fin de vie et l’après ? Dès lors, Michelin (dont les valeurs sont respect, performance et responsabilité), au même titre que les autres parties prenantes industrielles n’auraient-elles pas du (ou pu ?) penser à cette après-vie du pneumatique bien avant ?

– D’autre part, abordons le sujet des finances de ce projet. Nous pouvons nous interroger notamment sur l’intervention d’un financement public dans un processus privé. En effet, pour une entreprise qui érige en pilier de son éthique : la responsabilité, il aurait été de bon aloi de financer ce projet avec leurs propres deniers. Mais plus généralement, ce partenariat public-privé est une bonne chose pour enclencher des actions significatives de la part du secteur industriel.

– Enfin, pour rappel, ce projet réuni sept entreprises industrielles Européennes totalisant plus de 50 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2020 et dont leurs activités sont centrées principalement autour du pneumatique. Nous pouvons, là aussi, nous interroger sur la part ainsi accordée à la problématique, assez centrale, de l’après-vie de leurs produits phares : environ 4 millions d’euros de financement privé pour le projetBlackCycle, ce qui revient à 0,008% du chiffre d’affaires.

Clément MARTINEZ

Source : Michelin

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